Louise Michel

1830-1905
Louise Michel
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Extraits des dossiers du Conseil de guerre conservés au Service historique de la Défense / CHA, Vincennes sous la cote GR 8 J 221 

Louise Michel, née en 1830 en Haute-Marne, obtient le brevet de capacité permettant d’exercer la profession d’institutrice en 1852. Elle refuse de prêter serment à l’Empereur, serment obligatoire pour enseigner à l’époque, et officie dans diverses écoles libres de Haute-Marne avant de rejoindre Paris en 1856.

Une fois installée dans la capitale, elle continue d’enseigner, se lance dans l’écriture et se rapproche de groupes révolutionnaires, au sein desquels elle rencontre notamment Jules Vallès. En 1865, elle ouvre son propre externat, puis un deuxième en 1868, rue Oudot, qu’elle dirige encore en 1871.

Impliquée dans les prémisses de la Commune de Paris dès janvier 1871, elle est membre, entre autres, du Comité de vigilance de Montmartre et du club de la Révolution. Elle prend part, les 17 et 18 mars, aux événements liés à la décision du gouvernement de Thiers de reprendre les canons de la garde nationale, installés sur la butte Montmartre.

Après la semaine sanglante, elle est arrêtée le 28 mai, et jugée, comme de nombreux communards, par le conseil de guerre. Le Service historique de la Défense dispose, au sein des archives de la justice militaire, de son dossier de jugement (GR 8 J 221, dossier 135).

Elle est accusée « d’avoir, dans un mouvement insurrectionnel, porté des armes apparentes, étant revêtue d’un uniforme et d’avoir fait usage de ces armes ».

Le dossier contient notamment les procès-verbaux d’interrogatoire de Louise Michel, les procès-verbaux des déclarations des témoins, ainsi que des réponses à des demandes de renseignements données par les maires des communes où elle a vécu.

Condamnée à la déportation dans une enceinte fortifiée, elle embarquera à Saint-Martin-de-Ré le 9 aout 1873 pour la presque-île de Ducos, où elle arrivera en décembre. Elle restera sept ans en Nouvelle-Calédonie, apprenant la langue canaque, créant un journal et instruisant les populations locales.

Sa peine est commuée en déportation simple le 8 mai 1879, puis à 10 ans de bannissement à partir de juin 1879, avant une remise de peine définitive en décembre 1879. Elle rentre en France en novembre 1880, où elle reprend son activité militante, donnant inlassablement conférences et meetings, et se déclarera anarchiste jusqu’à sa mort à Marseille en 1905.

 

Je n’avais qu’une passion, celle de la Révolution

[Louise Michel, lors de son interrogatoire du 28 juin]

 

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