Conditions d’accès

Archives publiques

Les archives d'Indochine qui font l'objet de cet inventaire suivent les règles édictées par la loi sur les archives du 3 janvier 1979 et précisées par le décret relatif aux archives de la défense du 3 décembre 1979.

En conséquence, l'ensemble des documents sont communicables, puisqu'ils ont plus de trente ans, à l'exception :

. des documents classifiés "très secret" à l'époque, correspondant en général (depuis 1967) au "secret défense" actuel

. des dossiers, rapports et fiches de renseignements à caractère nominatif mettant en cause la vie privée ou intéressant la sûreté de l'Etat ou la défense nationale

. des dossiers des deuxièmes bureaux des états-majors et des bureaux de renseignement.

Tous ces documents ne peuvent être consultés qu'après un délai de soixante ans.

Les documents relatifs aux juridictions militaires en Indochine (à quelques exceptions près) sont compris dans le fonds de la justice militaire et non dans le fonds Indochine. Seule la procédure antérieure à "l'ordre d'informer", signé par le général détenant les pouvoirs judiciaires, se trouve dans les fonds du 1 e r bureau : elle n'est communicable qu'après un délai de soixante ans, comme tout document touchant à la vie privée.

Enfin les documents comportant des renseignements individuels de caractère médical ne peuvent être communiqués qu'après un délai de cent cinquante ans à compter de la date de naissance.

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Inventaire

Archives d'outre-mer: Indochine: Tome 1: (1867-1945)

Dates

1867-1961

Présentation du contenu

AVANT-PROPOS

Le fonds "Indochine" constitue la série 10 H des archives du service historique de l'armée de terre. Il est partagé en trois séries chronologiques : la première (77 cartons) comprend d'une part les opérations de la conquête du Tonkin et la pacification de 1880 à 1914, d'autre part la période 1914-1940 ; la seconde période (1940-1945) est réduite à 8 cartons. La dernière période, qui concerne la guerre d'Indochine et va de 1945 à 1956, malgré certaines lacunes, est très impor- tante : près de 6.000 cartons.

Avant 1945, les archives d'Indochine sont essentiellement des documents émis et reçus par l'administration centrale du ministère de la Guerre, la section "Tonkin" ou les bureaux de l'état-major général et la direction des troupes coloniales du ministère des colonies ; les archives militaires locales n'ont fait l'objet que de quelques versements disparates. Après 1945, tout au contraire, les archives d'Indochine sont celles qui ont été produites sur place puis rapportées en France. Les documents des administrations militaires et des états-majors métropolitains traitant des affaires indochinoises sont restés dans les fonds d'archives de ceux-ci (voir guide des sources complémentaires).

La disparité qui existe entre les archives antérieures à la fin de la seconde guerre mondiale et celles de la période suivante a entraîné le partage de cette introduction en deux parties d'aspect fort inégal : la première partie qui ne représente que 85 cartons d'un fonds d'archives qui en comprend6035 est traitée de manière plus succincte. La deuxième partie correspond à la guerre d'Indochine de 1945 à 1954.

1ère PARTIE DE L'INTRODUCTION DE LA CONQUETE A 1945

PRESENTATION DU FONDS D'ARCHIVES

Les documents contenus dans le3 premiers cartons ne constituent pas un fonds d'archives à proprement parler. En effet se présentent d'abord un historique et une collection de papiers qui ont sans doute permis de l'établir et qui vont de 1867 jusqu'au traité de Tien Tsin de 1885 avec la Chine (cartons 10H 1 à 6). Viennent ensuite des documents concernant les opérations de pacification, puis quelques dossiers d'organisation (10H 7 à 12) et d'études sur le pays (10H 13 et 14). Avec le carton 10H 15 commencent les séries d'archives proprement dites : journaux de marches, rapports au ministre, correspondances avec l'état-major et les autres ministères qui recouvrent l'ensemble de la période de 1880 à 1914 OOH 15 à 49). Suivent les questions d'organisation, d'effectifs et de transports (10H 50 à 70) et le service de santé (10H 71 et 72). Enfin un seul carton traité de la période de 1914-1918, quatre concernent la période de 1919 à 1940 et huit la période de 1940 à 1945.

Provenance
Ministère des Armées
Organisme responsable de l'accès
Vincennes
Bibliographie
ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUEII n'a pas semblé nécessaire de produire en tête de cet inventaire une bibliographie, alors qu'il en existe déjà plusieurs qui traitent de l'Indochine sous la tutelle française. Ainsi le lecteur sera renvoyé à quatre d'entre elles qui lui permettront de prendre connaissance de l'ensemble de ce qui a été publié sur ce sujet. En outre, pour faciliter son initiation à l'histoire de la guerre d'Indochine, il trouvera quelques notices d'ouvrages historiques, études, publications de documents et témoignages la concernant.A Bibliographies concernant l'Indochine.1. AUVADE (Robert).- Bibliographie critique, des œuvres parues sur l'Indochine française, un siècle d'histoire et d'enseignement. Paris, Maisonneuve et Larose, 1965. - 153 p.La première partie de cet ouvrage est consacrée à l'historique de la constitution en Indochine des archives et des bibliothèques. La deuxième partie est une bibliographie critique des ouvrages relatifs aux aspects essentiels (politiques, économiques, culturels, scolaires.) des rapports de la France avec son ancienne colonie. Un index des œuvres groupées par discipline et une table alphabétique d'auteurs se trouvent à la fin de l'ouvrage.2. DESCOURS-GATIN (Chantai), VILLIERS (Hugues).- Guide de recherches sur le Vietnam : bibliographies, archives et bibliothèques. Paris, l'Harmattan, 1983.- 260 p.Cet ouvrage comprend deux parties. La première est un guide bibliographique, qui donne la liste des bibliographies, des instruments de travail (atlas, cartes, annuaires, guides, dictionnaires, etc.), des documents officiels (documents diplomatiques, documents publiés par le gouvernement, l'administration française et autres publications), des manuels d'administration et recueils juridiques, des publications de sociétés et d'associations professionnelles, des souvenirs et témoignages de personnalités, des recueils de documents et anthologies concernant le Vietnam et son histoire. La seconde partie est un guide des sources qui présente les bibliothèques, les cinémathèques, les photothèques, les collections de photos, les cartothèques et les principaux dépôts d'archives (archives nationales, ministérielles, départementales et autres, archives du Vietnam) où l'on trouve des documents et des renseignements sur le Vietnam.3. DESIRE (Michel, commandant).- La campagne d'Indochine (1945-1954) : bibliographie. - Château de Vincennes, Service historique de l'armée de terre, 1971-1977 - 4 tomes.En 1971, le Service historique de l'armée de terre se proposait de mettre à la disposition des historiens une bibliographie concernant la guerre d'Indochine de 1945 à 1954 en attendant que soient communicables les archives de cette campagne. Le tome I (131 pages) contient une chronologie des événements d'Indochine de 1940 à 1954 puis le début de la bibliographie (Indochine avant 1940, documentation de base, période de 1940 à 1945 jusqu'à l'arrivée du corps expéditionnaire français d'Extrême-Orient). Le tome II (150 pages) est constitué par une bibliographie concernant le cadre géographique, économique et humain ainsi que les conditions politiques et diplomatiques du conflit. Le tome III (2 fascicules de 160 et 120 pages) est constitué par une bibliographie concernant la campagne française d'Indochine (ouvrages généraux, haut commandement, moyens, logistique, stratégie et tactique, formes de combat, évolution de la situation militaire de 1945 à 1954, enseignements de la campagne, aspects financiers et aides étrangères, otages, prisonniers internés, évadés, pertes, témoignages, récits, reportages). Le tome IV (231 pages) présente une bibliographie de la campagne vue du côté vietminh (ouvrages généraux, nationalisme, origines de la rébellion, forces et moyens du Vietminh, guerre révolutionnaire, influences et aides étrangères, sympathisants à la cause vietminh, problème catholique, récits, témoignages, reportages).4. RUSCIO (Alain).- La première guerre d'Indochine (1945-1954), bibliographie.- Paris, l'Harmattan, 1987 - 286 p.Cette bibliographie qui comprend 2356 références concerne, outre la première guerre d'Indochine de 1945 à 1954 et les relations franco-indochinoises, l'Indochine dans la seconde guerre mondiale. A noter également un chapitre relatif au monde politique français et l'Indochine.5 Etudes, publications de documents et témoignages concernant t'Indochine.5. SODINIER (Gilbert, commandant).- La guerre d'Indochine, 1945-1954, textes et documents. Volume I : le retour de la France en Indochine, 1945-1946. Préface du général Delmas, Vincennes, Service historique de l'armée de Terre, 1987, 406 p., cartes. Volume II : Indochine 1947 - Règlement politique ou solution militaire. Préface du général Bassac, Vincennes, Service historique de l'armée de Terre, 1989. - 500 p., cartes, photographies.Ces ouvrages comportent une chronologie de la période, une étude illustrée de nombreux tableaux sur la création et l'organisation du corps expéditionnaire et des forces françaises en Extrême-Orient et l'organisation politique et militaire du Viêt-Minh, l'indication des sources, une bibliographie et des notices biographiques. Ils comprennent également de nombreux documents de l'époque dont une bonne part provient du Viêt-Minh. Ces livres constituent une sélection forte utile, faite à partir des archives du Service historique, permettant aux chercheurs de prendre connaissance de documents essentiels dont un certain nombre ne sont pas encore communicables.6. DEVILLERS (Philippe).- Paris, Saigon, Hanoi, les archives de la guerre, 1944-1947, présenté par Philippe Devillers. - Paris, éditions Gallimard/Julliard, 1988, collection "Archives".- 403 p., photographies.Chargé dès septembre 1945 par le directeur du "Monde", Hubert Beuve-Méry, d'enquêter sur le problème vietnamien, Philippe Devillers est un témoin engagé puisqu'il défend la politique de ceux qui affirmaient que l'on devait faire confiance au Vietminh et traiter avec lui. La thèse est appuyée par de nombreux documents, dont il nous donne de larges extraits et qui rendent ce livre particulièrement intéressant et indispensable pour tous ceux qui veulent comprendre la genèse de la guerre d'Indochine.7. MICHEL (Jacques, capitaine de vaisseau).- La marine française en Indochine de 1939 à 1955.Tome I : septembre 1939 - août 1945, 255 p.Tome II : août 1945 - décembre 1946, 391 p.Tome III : janvier 1947 - décembre 1949, 472 p.Tome IV : janvier 1950 - avril 1953, 412 p.Tome V : avril 1953 - mai 1956, 414 p.Etat-major de la Marine, service historique, 1972-1977.Cet ouvrage fondamental pour l'histoire de la marine française en Indochine commence avec un abrégé historique jusqu'en 1939 et un état de l'Indochine française à cette époque puis traite de l'évolution politico-militaire ainsi que de l'organisation et de l'activité de la marine. On y trouve également une chronologie, la liste des hautes personnalités françaises et vietnamiennes d'Indochine, la liste nominative des marins décédés en opérations ou à la suite d'opérations et la publication en annexes de documents.8. ARGENLIEU (Georges THIERRY d', amiral).- Chronique d'Indochine, 1945-1947.- Paris, Albin Michel, 1985.- 482 p., ill.Ce livre est la chronique de la période où l'amiral fut haut-commissaire de France en Indochine. Il présente de ce fait le point de vue de celui-ci, qui peut être comparé avec la politique suivie par le général Leclerc, telle qu'elle apparaît dans les papiers conservés au Service historique de l'armée de Terre. Cet ouvrage est surtout intéressant en raison des nombreux documents d'archives qui y sont publiés.C Histoire de l'Indochine de 1940 à 1954.9. HESSE D'ALZON (Claude).- La présence militaire française en Indochine, 1940-1945.- Château de Vincennes, Service historique de l'armée de terre, 1985. - 383 p., croquis.Comme le Service historique de l'armée de terre ne détient que peu d'archives concernant la seconde guerre mondiale en Indochine, cette étude est particulièrement utile. Elle se propose de brosser un tableau des forces militaires françaises stationnées sur le territoire de l'ancienne Union indochinoise, en faisant ressortir les caractéristiques de leur organisation, de leur composition et de leur mentalité. Elle précise les formes de cette présence, en décrivant le comportement, les activités et les combats des troupes, enfin elle fait apparaître et étudie les problèmes qui se sont posés, les solutions qui ont été retenues et les résultats obtenus. La période considérée commence avec le déclenchement de la seconde guerre mondiale et s'achève au moment du coup de force japonais du 9 mars 1945.10. DALLOZ (Jacques).- La guerre d'Indochine (1945-1954).- Paris, Editions du Seuil, 1987, collection Points, série Histoire.-318 p.Ce livre constitue une excellente initiation à l'histoire de la guerre d'Indochine. Il se termine par une orientation bibliographique, où les ouvrages sont présentés par thèmes.11. GRAS (Yves, général).- Histoire de la guerre d'Indochine. -Pion, 1079.- 600 p., cartes.Histoire très complète de la guerre d'Indochine, où les opérations militaires sont décrites avec beaucoup de minutie, le livre du général Gras suit un plan chronologique: les origines, la guerre larvée, la guerre coloniale, la guerre contre le communisme, l'affrontement final, Genève. Il s'achève par une courte bibliographie.
Documents en relations

SOURCES COMPLEMENTAIRES

1ère PARTIE DE L'INTRODUCTION DE LA CONQUETE A 1945

SOURCES ARCHIVISTIQUES COMPLEMENTAIRES

Pour mener à bien une étude historique sur l'Indochine de la conquête française à la fin de la deuxième guerre mondiale, il convient de compléter les renseignements tirés des archives inventoriées ici, par des renseignements que l'on peut trouver dans les archives de la gendarmerie et de la justice militaire en Indochine conservées par le Service historique de l'armée de terre et le dépôt central d'archives de la justice militaire, ainsi que dans les archives du Centre militaire d'information et de documentation sur l'Outre-Mer, des Services historiques de la marine et de l 'armée de l 'air et du Centre d'archives d'Outre-Mer.

1 Archives de la gendarmerie en Indochine

Le Service historique de l'armée de terre détient des registres de correspondance (une quinzaine de cartons environ) couvrant la période 1932-1943 et une liste des personnes décédées de 1845 à 1955, provenant du détachement de la gendarmerie d'Extrême-Orient.

En outre, il détient trois cartons de correspondances provenant de la garde civile en Cochinchine. Toutes ces archives, qui sont accompagnées d'un bordereau de versement succinct, ne sont communicables qu'après un délai de 60 ans.

2 Archives de la justice militaire en Indochine

Archives détenues par le Service historique de l'armée de terre.

35 mètres linéaires d'archives provenant des 1er et 2ème conseils de guerre permanents de Cochinchine (Saigon) pour la période de 1904 à 1928.

Archives détenues par le dépôt central de la justice militaire du Blanc

2 mètres linéaires d'archives provenant des tribunaux maritimes : conseils de guerre assemblés à bord, notamment à bord de la flottille des torpilleurs de Saigon (1915-1916) et conseils, de guerre maritimes réunis à la caserne Francis Garnier (1916-1936).

3 Centre militaire d'information et de documentation sur l'Outre-Mer (caserne d'Artois à Versailles)

Les archives de ce centre renferment, pour la période qui va de la conquête de l'Indochine à 1945, une dizaine de cartons concernant notamment la conquête, l'extension de celle-ci, l'organisation des troupes françaises, les opérations, la situation militaire et politique, l'œuvre de la France, le coup de force japonais de 1945. Certes ces archives ne constituent pas des séries chronologiques continues et comportent beaucoup de lacunes, mais les renseignements qu'on y trouve sont souvent inédits.

Ce fonds d'archives est pourvu d'un inventaire réalisé et publié en 1987 par le Service historique de l'armée de terre. On microfilm de ce fonds existe au S.H.A.T., classé sous la référence 15H rai.

4 Service historique de la marine (Château de Vincennes et Toulon)

Le Service historique de la marine détient les fonds d'archives du ministère de la marine et des forces navales. La partie antérieure à 1870 est conservée aux Archives nationales et c'est là qu'il faut aller consulter les documents qui précèdent ou concernent les débuts de la conquête de l'Indochine. La partie conservée au Château de Vincennes est constituée principalement par les papiers de la division navale d'Indochine, de la division navale des mers de Chine et du Japon puis d'Extrême-Orient et des forces navales en Extrême-Orient Jusqu'à la fin de la 1ère guerre mondiale. Ces papiers font l'objet d'une présentation dans les Sources de l'histoire de l'Asie et de l'Océanie... Les papiers de la période 1920-1940 (une dizaine de cartons environ) sont inventoriés. À cela s'ajoute, pour la seconde guerre mondiale, 24 cartons provenant des fonds d'archives du ministère et de la Marine en Indochine. Enfin quelques fonds privés concernent l'Indochine. La plupart de ceux-ci sont pourvus d'inventaire.

Les archives de la IIIème région maritime conservées à Toulon renferment notamment des journaux de bord et de navigation des forces et bâtiments qui ont séjourné en Extrême-Orient et en Indochine.

5 Service historique de l'armée de l'air (Château de Vincennes)

On trouvera des renseignements sur l'Indochine dans la série B (aéronautique militaire entre les deux guerres jusqu'au 10 juillet 1940) : 2 B 33 Aviation coloniale en Indochine.

6 Centre d'archives d'Outre-Mer (chemin du moulin de Testas -Aix-en-Provence)

Le Centre d'archives d'Outre-Mer détient les fonds des amiraux et du gouvernement général, du cabinet militaire du gouverneur général et du ministre des colonies. Ces fonds se trouvent actuellement réunis, alors que celui du ministre était auparavant à Paris, rue Oudinot. Comme ils font l'objet d'une présentation détaillée dans les Sources de l'histoire de l'Asie et de l'Océanie, l'État général des fonds des archives nationales et le guide de recherches sur le Vietnam l'accent sera mis ici sur les seules séries relatives aux affaires militaires.

A – Fonds des amiraux et du gouvernement général

La série "affaires militaires" de ce fonds a été classée selon un plan de classement méthodique pour les années antérieures à 1939. Comme certaines rubriques de ce plan de classement théorique ne sont pas dotées d'archives, il a paru utile de donner ici le détail de celles pour lesquelles on trouve des documents :

Correspondance (1880-1899) - 66 cartons

Q 01 Affaires générales : transports, prisonniers, relations avec la Chine et le Siam - 11 cartons

Marine (1914-1920), aviation (1919-1933) - 10 cartons

Q 02 Correspondance entre les ministères, le gouverneur général, le commandant supérieur (1893-1920) - 6 cartons

Q 03 Correspondance entre le commandant supérieur et ses subordonnés (1831-1901) - 24 cartons

Q 09 Service courant : service des places, honneurs et préséances, cercles (1901-1917) - 2 cartons

Q 1 Opérations militaires, colonnes de pénétration, maintien de l'ordre, corps d'occupation, territoires militaires.

Q 1.1 Opérations militaires (1888-1911)- 9 cartons

Q 1.2 Instructions en cas de troubles intérieurs (1897)- 1 carton

Q 1.3 Réquisition de la force armée en temps de paix (1902-1904)- 1 carton

Q 1.4 Territoires militaires (1888-1905)- 14 cartons

Q 1.6 Corps d'occupation de Chine (bataillons de tirailleurs de Petchili (1897-1903)- 3 cartons

Q 2 Préparation de la défense et mobilisation.

Q 2.0 Généralités (1916-1950)- 3 cartons

Q 2.1 Conseil de défense : 1862-1880 - 1 registre. 1892-1918 - 6 cartons

Q 2.2 Mobilisation militaire (1899-1919)- 11 cartons

Q 3 Renseignements, missions militaires.

Q 3.0 Renseignements généraux sur l'Extrême-Orient (1897-1912) - 5 cartons

Q 3.4 Siam (1900-1903) - 1 carton

Q 3.6 Chine (1903-1918) - 2 cartons

Q 3.7 Japon (1901-1906) - 1 carton

Q 4 Personnel et formation des corps de troupe et services.

Q 4.0 Personnel militaire hors cadre et dossiers individuels (1899-1921) - 21 cartons

Q 4.1 Infanterie, infanterie coloniale, légion étrangère, tirailleurs, formations disciplinaires, mitrailleurs, auto-mitrailleurs (1903-1919) - 4 cartons

Q 4.4 Artillerie, direction de l'artillerie (1892-1919) - 7 cartons

Q 4.6 Cavalerie, remontes, service vétérinaire (1892-1918)- 2 cartons

Q 4.8 Service de santé (1897-1921) - 15 cartons

Q 5 Administration militaire.

Q 5.0 Généralités, crédits subventions, habillement (1896-1932) - 47 cartons

Q 5.3 Solde (1927-1930) - 1 carton

0 5.4 Gratifications (1894-1896) - 1 carton

Q 6 Service de santé.

Q 6.0 Hôpitaux, services divers, matériel, hygiène (1899-1936) - 4 cartons

Q 6.8 Avis de décès (1907-1909) - 1 carton

Q 7 Service géographique et armements.

Q 7.0 Généralités (1903-1910) - 2 cartons

Q 7.1 Budget travaux (1896-1899) - 1 carton

Q 7.2 Armements maritimes, matériel automobile (1909-1913) - 1 carton

Q 7.3 Casernements des corps (1907-1910) - 1 carton

Q 8 Justice militaire.

Q 8.0 1894-1928- 30 cartons

Q 8.1 Personnel des conseils de guerre (1901-1918) - 2 cartons

Q 8.2 Conseils de guerre, sessions, affaires jugées (1904-1918) - 7 cartons

Q 9 Recrutement (1888-1919) - 62 cartons

Supplément

Aéronautique (1917-1930) - 3 cartons

Service de santé (1922-1925) - 1 carton

Recrutements (1917-1928) - 2 cartons

Armes et services, marine, aéronautique, garde indochinoise (1919-1931) - 38 cartons

Dossiers individuels (réclamations) 1920-1932, études, affaires nominatives - 10 cartons

Mobilisation administrative (1923-1925)- 1 carton

Service géographique (1890-1914)- 2 cartons

B - Fonds du cabinet militaire du gouverneur général

Ce fonds renferme notamment les archives de la période de l'amiral Decoux : défense de l'Indochine, conflit franco-siamois, relations franco-japonaises, - guerre dans le Pacifique. Ce fonds n'est pas classé, mais il existe des bordereaux de versement.

C - Fonds du ministère des-colonies

Dans les séries géographiques des archives du ministère des colonies se trouve une section "Indochine" de 701 articles, pour une période qui s'étend jusqu'en 1940. Cette section renferme de nombreux renseignements d'ordre politique et diplomatique qui peuvent expliquer la situation militaire ainsi qu'une rubrique lî "affaires militaires" (corps expéditionnaire, opérations, territoires militaires, recrutement de troupes indigènes, justice militaire, etc...).

2ème PARTIE DE L'INTRODUCTION 1945 - 1956 LA GUERRE D'INDOCHINE

SOURCES ARCHIVISTIQUES COMPLEMENTAIRES

D'autres fonds d'archives que ceux qui font l'objet de cet inventaire intéressent l'Indochine et constituent pour le chercheur des compléments d'informations fort utiles.

Ils sont présentés Ici sous la rubrique des dépôts d'archives qui les conservent :

Service historique de l'armée de Terre, Dépôt central d'archives de la justice militaire du Blanc, Services historiques de la Marine et de l'armée de l'Air, Centre d'archives d'Outre-Mer d'Aix-en-Provence, Archives du ministère des Affaires étrangères.

I Service historique de l'armée de terre

Outre les archives constituées en Indochine et inventoriées ici, le Service historique de l'armée de Terre détient celles d'organismes militaires métropolitains chargés des affaires indochinoises :

. Cabinet militaire puis secrétariat général militaire de la présidence de la présidence de la République.

Le fonds d'archives de cet organisme qui s'intitule actuellement : "état-major particulier de la Présidence de la République" renferme 17 cartons concernant l'Extrême-Orient et l'Indochine. Les documents traitent de la situation militaire et politique en Indochine de 1946 à 1955. Il y a là des bulletins de renseignements, des études et notes, des rapports de missions, des auditions de généraux et de personnalités. Ces archives sont communicables à 60 ans et font l'objet d'un inventaire.

. Comité de défense nationale.

Les procès-verbaux des séances de ce comité sont surtout intéressants pour l'Indochine à partir de 1949 et jusqu'à 1955. Les ordres du jour mentionnent notamment les questions suivantes : politique française (principalement militaire) en Indochine, directives gouvernementales, situation militaire, organisation du commandement, effectifs, renforts, relève, infrastructure, accords et relations interalliés, défense de l'Asie du Sud-Est. Ces archives sont communicables à 60 ans.

. Secrétariat général de la défense nationale.

Ce fonds d'archives (sous-série 6 Q) traite de l'organisation des Etats associés, des relations de la France avec ceux-ci, de la défense de l'Indochine, de la politique militaire, de la situation politique et militaire et des opérations dans la péninsule et de l'Indochine après les accords de Genève. Ce fonds, qui est communicable à 60 ans, a fait l'objet d'un inventaire.

. Cabinet du Ministre de la Défense.

Ce fonds d'archives (sous-série 1 R) renferme environ six cartons sur l'Indochine, mais ceux-ci traitent principalement de la période postérieure à la guerre et concernent les effectifs, la pacification, les relations de la France avec les Etats associés et l'assistance à leurs armées, la situation politique et militaire après le cessez-le-feu, la base de Seno. Ils renferment notamment le rapport de mission du général Leclerc en Indochine de janvier 1947, le rapport du général Revers, chef d'état-major général des forces armées au sujet de sa mission effectuée en Indochine du 13 mai au 21 juin 1949, le rapport de 1951 de la commission d'enquête pour l'étude des événements de la frontière nord-est du Tonkin. Ces archives sont communicables à 60 ans.

. Commission d'enquête sur la bataille de Dien Bien Phu

Les 9 cartons de ce fonds d'archives contiennent les procès-verbaux des séances, les auditions de témoins et le rapport de la commission. Ils renferment en outre des renseignements provenant du 3e bureau (ordre de bataille avec cartes et déplacements des forces aux différentes phases de la bataille, ordres et instructions des forces terrestres du Word-Vietnam au GONC, des bulletins de renseignements et des informations sur les moyens affectés à l'opération "Atlante"). Ces documents de 1954-1955 sont communicables à 60 ans.

. Comité des chefs d'états-major.

Ce fonds d'archives (sous-série 6 R) contient des études de la situation politique et militaire en Indochine et des renseignements sur la conduite de la guerre, l'envoi de renforts et de matériels, l'aide américaine, la politique vis-à-vis des Etats associés. Il est communicable à 60 ans.

. Contrôle général des armées.

Ce fonds d'archives (sous-série 9 R) compte deux cartons sur l'affaire des généraux (1949-1950). Il est communicable à 60 ans.

. Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE).

a) archives du SDECE en Indochine.

Ce fonds d'archives (sous-série 10 R) contient de nombreux renseignements (308 cartons) sur la question Indochinoise notamment : situation politique et économique, état d'esprit, informations sur les personnes, Vietminh, événements des 20 novembre et 19 décembre 1946 (carton 10 R 117), armée vietnamienne, activités étrangères dans la péninsule et le Sud-est asiatique, conférence de Genève, commission internationale de contrôle. Ce fonds qui porte sur la période de la guerre d'Indochine a fait l'objet d'un inventaire ; il est communicable à 60 ans.

b) Collection des bulletins de renseignements du. SDECE.

Cette collection (sous-série 10 R) renferme des bulletins de renseignements sur l'Asie, notamment le Cambodge, le Laos, le Vietnam, la Chine communiste et nationaliste et la Thaïlande. Toutefois, la plupart de ces documents portent sur la période qui suit la guerre d'Indochine. Ces archives qui ont fait l'objet d'un inventaire sont communicables à 60 ans.

. Gendarmerie en Extrême-Orient.

Ce fonds (sous-série 11 R) comprend :

- les archives de l'inspection de la gendarmerie en Indochine (ordres généraux, documents concernant le personnel, notamment tués, blessés, disparus, journaux des marches et opérations).

- les archives du détachement de gendarmerie d'Extrême-Orient, des missions d'organisation des gendarmeries vietnamiennes, cambodgiennes et laotiennes, des sections, des brigades et des postes. On y trouve principalement des documents concernant la gestion du personnel, des registres de correspondance, des carnets de déclarations et de transfèrements, des cahiers de visites médicales et des registres de constatations.

- les archives des 1ère, 2e et 3e légions de marche de gendarmerie mobile et des unités qui leur sont rattachées. Elles renferment principalement des documents de gestion du personnel, des registres de correspondance, des procès-verbaux, des cahiers de visites et des registres de constatations.

- les journaux des marches et opérations des corps et unités de la gendarmerie en Extrême-Orient qui portent principalement sur les années 1954-1955.

- les archives de la gendarmerie de l'air en Extrême-Orient (registres de correspondance, procès-verbaux, carnets de déclarations et de transfèrements, cahiers de visites médicales).

Ce fonds d'archives qui couvre la période de la campagne d'Indochine n'a pas été traité mais est doté d'un bordereau de versement. Ces documents ne peuvent être consultés qu'après des délais qui vont de 60 à 150 ans.

. Direction des affaires militaires.

Ce fonds d'archives (sous-série 14 H) contient notamment des renseignements sur la situation en Indochine, les forces françaises et les armées des Etats associés de 1940 à 1956- Il a fait l'objet d'un inventaire pourvu d'un index,

. Etat-major de l'armée de terre.

On trouve dans les archives de cet état-major (série T) quelques renseignements sur l'Indochine de 1950 à 1956, notamment dans les papiers du 1er bureau. Ce fonds est doté d'un inventaire.

. Unités d'Extrême-Orient. (sous-séries 5 U et 7 U)

Ces fonds contiennent quelques renseignements sur la situation et les opérations militaires.

. Directions des travaux du génie en Indochine.

Ces fonds renferment de nombreux renseignements sur le domaine, les bâtiments, les fortifications et les travaux divers du génie en Indochine.

. Fonds privés.

Le Service historique de l'armée de terre détient un certain nombre de fonds d'archives privées ayant appartenu à des généraux qui ont eu à faire avec l'Indochine :

Général BEAUFRE

(1 K 225)

Deux cartons de ce fonds concernent la période 1947-1948, au cours de laquelle cet officier commanda la demi-brigade de marche de tirailleurs marocains puis fut adjoint au général commandant les troupes françaises en Indochine du sud ; situation en Indochine, opérations, pacification en Cochinchine, service de santé en Indochine du Nord. Ce fonds est pourvu d'un inventaire.

Général BOUCHER de CREVECOEUR

(1 K 401)

Le commandant de Crèvecœur devient, le 4 novembre 1943, chef du détachement français aux Indes puis du service action. Lieutenant-colonel et colonel, il commande, de décembre 1945 à octobre 1947, les forces du Laos ; à ce titre, Il libère le pays en 1946. Il revient en Indochine en juin 1948 comme chef d'état-major du commandant en chef, puis il est commandant de la zone Est de Cochinchine de septembre 1949 à juin 1950. Il sert à nouveau en Indochine de septembre 1953 à octobre 1955, en tant que commandant des forces terrestres du Laos, Ses archives, qui comprennent une quinzaine de cartons, nous renseignent sur son activité à ces différentes fonctions, les perspectives de résistance et la résistance en Indochine, la situation militaire et les opérations de 1946 à 1954 dans la péninsule, notamment au Laos. On y trouve également beaucoup de cours, conférences, brochures et ouvrages sur l'Indochine et l'Asie.

Général CONSTANS

(1 K 231)

Ce fonds renferme 3 cartons concernant notamment la situation et les opérations au Tonkin en 1949 et 1950. Il est pourvu d'un inventaire mais n'est communicable que sur autorisation du chef du Service historique.

Général ELY

(1 K 233)

On trouve surtout des renseignements sur l'Indochine dans la 4ème partie de ce fonds (9 cartons) portant sur les années 1954-1955 au cours desquelles le général Ely a été commissaire général et commandant en chef. Ces documents concernent notamment la situation en Indochine, les questions militaires, le corps expéditionnaire, l'aide américaine et la conférence de Genève. Ce fonds est pourvu d'un inventaire.

Maréchal JUIN

(1 K 238)

Un carton de ce fonds concerne l'Indochine : rapports des voyages d'inspection du général Juin en Indochine (1946, 1950, 1953), plans d'action des généraux Salan et Navarre, situation militaire notamment au moment de Dien Bien Phu, événements du Tonkin de septembre-octobre 1950. Ce fonds est pourvu d'un inventaire.

Maréchal LECLERC

(1 K 239)

Ce fonds comprend 3 cartons correspondant à la période au cours de laquelle le général Leclerc commanda le corps expédionnaire en Extrême-Orient (1945-1947) : réinstallation française et évolution de la situation en Indochine, relations avec les Chinois, renseignements sur la Chine, incidents de Halphong (mars 1946), rapport de mission du général Leclerc (1947). Ce fonds est pourvu d'un inventaire. Conditions particulières de communication.

Général MAST

(1 K 243)

Ce fonds renferme quelques dossiers (6, 18, 19, 20) concernant la conférence franco-vietnamienne de Fontainebleau de 1946, l'affaire du convoi de Dalat de 1948, la politique française et la situation en Indochine (1945-1948). Ce fonds est pourvu d'un inventaire.

Général NAVARRE

(1 K 342)

Ce fonds renferme 7 cartons concernant l'Indochine. On y trouve des notes du général sur l'attitude de différentes personnalités ayant été mêlées à l'affaire de Dien Bien Phu, des renseignements sur la conduite de la guerre, la situation militaire en 1953-1954, les relations avec les Etats associés et les Etats-Unis, des directives notamment celles du général Salan pour la récupération de Dien Bien Phu (décembre 1952), le rapport du général sur son commandement en Indochine, le rapport du maréchal Juin sur son inspection en Indochine (13 février - 7 mars 1954), le rapport du général Cogny sur les opérations à Dien Bien Phu, quelques documents sur le procès Navarre-Cogny, quelques extraits de presse sur "l'affaire des fuites", des livres et articles sur Dien Bien Phu commentés par le général dont son propre livre "Agonie de l'Indochine". Ce fonds est doté d'un inventaire. Conditions particulières de communication.

Général REVERS

(1 K 331)

Ce fonds renferme 3 cartons concernant l'Indochine portant principalement sur les années 1949-1950 : situation, questions politiques, solution Bao-Daï, problèmes militaires, sabotage du matériel destiné à l'Indochine, journal de marche et conclusions de la mission du général Revers, chef d'état-major général des forces armées (juin 1949), rapports des commissions d'enquête sur les affaires des généraux et des fuites et du trafic des piastres. Ce fonds est pourvu d'un inventaire. Conditions particulières de communication.

2 Dépôt central d'archives de la justice militaire (Le Blanc).

Ce dépôt détient les minutes de jugement et dossiers de procédure des tribunaux suivants :

. Tribunaux militaires aux Armées des troupes françaises du Nord-Vietnam (Hanoi et Haïphong) - 1946-1955

. Tribunaux militaires aux Armées des troupes françaises de l'Annam, du Centre-Vietnam (Hué et Tourane), tribunal militaire de la 3e division d'infanterie d'Extrême-Orient (Tien-Sha, presqu'île de Tourane) - 1947-1955

. Tribunal militaire aux Armées des forces françaises au Cambodge (Phnom-Penh) - 1950-1953

Tribunal militaire aux Armées des forces françaises au Laos (Vientiane) - 1951-1954

. Tribunaux siégeant à Saigon :

tribunal militaire permanent - 1946-1950

tribunal militaire aux Armées des troupes françaises en Extrême-Orient - 1945-1949

cour martiale - 1945

tribunal militaire aux Armées du quartier général du général commandant en chef les forces armées en Extrême-Orient, tribunal aux armées du détachement des troupes françaises des forces armées en Extrême-Orient - 1950-1956

. Tribunal du détachement de Mytho - 1945-1946

Ces archives (288 mètres linéaires) sont soumises à des règles de communication particulières ; en effet, les documents relatifs aux affaires portées devant les juridictions ne peuvent être communiqués que cent ans à compter de la date de l'acte ou de la clôture du dossier (article 7 de la loi sur les archives de 1979).

Lorsque ces archives deviendront définitives, elles seront versées au Service historique de l'armée de terre à Vincennes.

3 Service historique de la Marine (Château de Vincennes).

Les fonds d'archives de la campagne d'Indochine (1945-1955) sont ceux des forces et établissements maritimes en Extrême-Orient (un millier de cartons environ) et des bâtiments qui y ont séjourné. Ils comprennent notamment de la correspondance, des journaux de bord et comptes rendus d'activités ainsi que de nombreux documents sur les opérations et la situation en Indochine. Ces renseignements sont à compléter par ceux que l'on peut trouver dans les archives de l'état-major de la Marine.

4 Service historique de l'armée de l'Air (Château de Vincennes).

On trouve des renseignements concernant l'Indochine dans la série C (forces aériennes françaises d'Outre-Mer), sous-série C IV (Extrême-Orient). La série G (unités volantes) contient les papiers des unités basées en Indochine et notamment les journaux des marches et opérations. Sont à consulter également les fonds privés et, en particulier, celui du général Valin qui, entre autres fonctions, a exercé celle d'inspecteur général de l'armée de l'Air et a laissé des dossiers sur l'Indochine.

5 Centre d'archivés d'Outre-Mer (Aix-en-Provence).

Ce centre détient les archives du haut-commissaire de France en Indochine et du ministre des relations avec les Etats associés (331 cartons), du cabinet militaire des généraux Blaizot et de Lattre (une quinzaine de cartons) et de la direction générale de la documentation (24 caisses). On y trouve, pour la période de 1946 à 1954, des renseignements sur le corps expéditionnaire et ses effectifs, les prisonniers français, la situation militaire, les opérations, le développement des armées nationales, les accords avec les Etats associés, le Vietminh, la situation dans les Etats nouvellement indépendants et les incidents avec les militaires français. Ces fonds d'archives sont pourvus de répertoires.

6 Archives du ministère des Affaires étrangères.

Deux fonds d'archives concernent particulièrement l'Indochine :

- le fonds de la Direction politique "Asie-Océanie" renferme d'une part une série de dossiers généraux dont certains concernent l'Indochine et d'autre part les rapports et la correspondance (400 volumes environ) du représentant du ministère des Affaires étrangères en Indochine pour la période 1944 à 1955

Ces archives concernant notamment l'occupation japonaise et la "libération", le statut de l'Indochine, la reconnaissance internationale des Etats associés, les relations extérieures. Les relations avec la Chine, les populations chinoises d'Indochine, l'aide américaine, les questions militaires, le matériel de guerre et la défense de l'Indochine et de l'Asie du Sud-Est. Ce fonds est doté d'un inventaire.

- le fonds du ministère des relations avec les Etats associés (361 cartons) contient également des archives du comité Indochine, de l'état-major particulier, et du ministère de la France Outre-Mer dont les attributions concernant l'Indochine ont échu au nouveau ministère des relations avec les Etats associés. Ce fonds porte sur la période 1945-1957.

Biographie et histoire

1ère PARTIE DE L'INTRODUCTION DE LA CONQUETE A 1945

HISTORIQUE ET ORGANISATION ADMINISTRATIVE ET MILITAIRE DE L'INDOCHINE FRANÇAISE : DE LA CONQUETE A LA SECONDE GUERRE MONDIALE

La conquête.

Les premières opérations de 1658 à 1883 ont relevé exclusivement de la Marine. Seules quelques unités de l'armée de terre revenant de l'expédition de Chine ont pris part en 1861 au dégagement de Saigon sous les ordres de l'amiral Charner. Sn 1S63 par le traité de Hué, l'empereur d'Annam Tu Duc cède à la France les trois provinces de Basse-Cochinchine. Le poste de gouverneur de Cochinchine est tenu par un amiral jusqu'à la nomination du premier gouverneur civil, Le Myre de Vilers en 1879.

La conquête de la Cochinchine, l'instauration d'un protectorat au Cambodge, n'exigent pas d'effectifs importants. Il n'en est pas de même pour la conquête et la pacification du Tonkin, qui entraînent une guerre avec la Chine et de durs combats avec des irréguliers, les Pavillons noirs. Le lieutenant de vaisseau Francis Garnier qui, au cours de l'exploration du Haut-Mékong en 1868, avait reconnu l'importance du Tonkin et du fleuve rouge comme voie commerciale avec la Chine, est envoyé à Hanoï en 1873, à la suite d'un incident entre le gouvernement de l'Annam et un marchand français fournisseur d'armes pour la Chine. N'obtenant pas satisfaction, Francis Garnier s'empare de la citadelle d'Hanoi, Il est maître de la ville et du delta, mais, assiégé par les Pavillons noirs, il est tué dan3 une sortie.

Le gouvernement français préfère évacuer le Tonkin en échange de la renonciation par l'Annam à ses revendications sur la Cochinchine et la garantie de la libre circulation sur le fleuve rouge. Il ne reste à Hanoï qu'un résident et quelques troupes (traité de Saigon de 1374).

Mais l'empereur d'Annam renie ses promesses dès le retrait des troupes françaises. Il se rapproche de la Chine dont il reconnaît la suzeraineté sur le Tonkin, lui demande sa protection et refuse la liberté de navigation. En 1881, des forces navales supplémentaires sont dirigées vers l'Indochine pour soumettre l'Annam au protectorat de la France. Le capitaine de vaisseau Rivière part à Hanoi avec trois canonnières et six cents hommes. Il reprend la citadelle et le delta, mais disparaît lors d'une sortie contre les Pavillons noirs en mai 1883.

Le 31 mai 1883, le consul de France à Bangkok est nommé commissaire général de la République française au Tonkin. Il reçoit comme directives : "le commissaire général civil représente la pensée du gouvernement auprès de l'autorité militaire; il est chargé, d'empêcher, que l'action militaire ne dévie et ne s'étende au-delà du cercle tracé dans les présentes instructions. Le commissaire général civil est un négociateur autant qu'un administrateur et un organisateur. Il aura à employer tous les moyens dont il pourra disposer pour prévenir l'intervention de la Chine, pour ramener à nous le gouvernement annamite et rompre lu intelligences qui subsistent entre Hué et Pékin, pour gagner, s'il y a lieu, les Pavillons noirs à la solde de l'Annam"

De ce fait, les moyens militaires sont renforcés. Le général Bouet est envoyé de Cochinchine avec deux mille cinq cents hommes. Et comme le gouvernement annamite prend fait et cause pour les Pavillons noirs, les effectifs français passent à neuf puis quinze mille hommes.

Le commissaire général a la haute main sur les opérations, puisque le commandement des troupes à terre est entièrement sous sa dépendance et que le commandant des forces de mer doit déférer à ses réquisitions, "à moins qu'il n'apprécie que les circonstances dont il est le seul juge le mettent dans l'impossibilité de le faire "; en outre c'est à ce dernier que revient la direction de toute action sur mer. Régies par de tels principes, les relations entre autorités civile et militaire ne peuvent que s'envenimer t le commissaire général Harmand entre en conflit avec l'amiral Courbet et doit repartir en France. Le général Millot arrive au Tonkin en décembre 1883, avec les pouvoirs civils et militaires.

Les succès remportés alors obligent la Chine à reconnaître le protectorat de la France sur l'Annam par le premier traité de Tien-Tsin en 1884. La même année le traite de Hué signé par l'Annam reconnaît le protectorat de la France sur le Tonkin et sur l'Annam avec un régime plus léger pour l'Annam. Mais les obligations des traités ne sont pas respectées et les troubles continuent, encouragés par la Chine. L'expédition de l'amiral Courbet sur ses côtes, le blocus du golfe de Petchili contraignent ce pays à signer en 1885 le deuxième traité de Tien-Tsin, malgré la perte par nos troupes de Langson, à la suite d'une blessure du général de Négrier, perte qui fut le prétexte de la chute du ministère Jules Ferry.

Le général de Courcy entreprend alors de rendre effectif le protectorat sur l'Annam toujours réticent et de soumettre les tribus montagnardes du Haut-Laos. Louang-Prabang, la capitale, fut occupée, mais le Siam qui convoitait ce pays attaque les milices indigènes sur la rive gauche du Mékong qu'il occupe. Cette situation aboutit à un conflit armé en 1893. Deux navires français forçant l'estuaire du Ménam se présentent devant le palais royal à Bangicok. Le roi du Siam reconnaît la souveraineté de l'Annam, donc de la France sur le Laos limité par le Mékong.

Le Laos est alors soumis au régime de protectorat, mais c'est un protectorat morcelé : le pays demeure partagé entre les petits princes indigènes et la direction des affaires générales est confiée à un résident supérieur, demeurant à Louang-Prabang et représenté dans les provinces par douze commissaires.

Organisation administrative de l'Indochine française

Il s'avère nécessaire d'organiser les conquêtes réalisées et de régler au mieux les relations entre les autorités civile et militaire. En effet, n'y avait-il pas eu dualité de commandement, fort préjudiciable à l'activité militaire, lorsque l'amiral Courbet s'était heurté en 1883 au commissaire général au Tonkin. Aussi le décret du 17 octobre 1887 relatif à l'organisation de l'Indochine "a pour objet de réaliser l'union des pays qui constituent l'Indochine française (l'Annam, le Tonkin, la Cochinchine et le Cambodge)...". De ce fait, l'Indochine française devient une réalité administrative, à la tête de laquelle est placé un gouverneur général. Il "aura sous sa haute autorité le résident général de l'Annam et du Tonkin, le lieutenant-gouverneur de la Cochinchine, le résident général au Cambodge et les cinq chefs d'administration correspondant aux services communs de l'Indochine"

Ces cinq, chefs d'administration sont les suivants :

"le commandant supérieur des troupes" ;

"le commandant supérieur de la marine" ;

"le secrétaire général" ;

"le chef de service judiciaire" ;

"le directeur des douanes et régies"

Organisation de ta défense

Le décret du 21 avril 1891 (5! précise les attributions du gouverneur général en matière de défense : "-Ce gouverneur général est responsable de ta dépense, intérieure et extérieure de l'Indochine. Il dispose à cet effet des forces de terre et de mer qui y sont stationnées. Aucune opération militaire, sauf le cas d'urgence où il s'agirait de repousser une agression, ne peut être entreprise sans son autorisation. Il ne peut, en aucun cas, exercer le commandement direct des troupes. La conduite des opérations appartient à l'autorité militaire qui doit lui en rendre compte."

Le décret du 26 mai 1903, pris à la suite de la réorganisation des troupes de marine devenue troupes coloniales en 1900, répartit en cinq groupes, dont l'Indochine constitue le premier, les forces stationnées aux colonies. "Dans, chaque groupe, le commandement supérieur de l'ensemble des forces militaires, ainsi que des services ou établissements qui leur sont affectés, est exercé, sous la haute autorité du gouvernement général..., par un officier général ou supérieur qui prend le titre de commandement supérieur des troupes du groupe"

"Le commandant supérieur des troupes est assisté, dans la colonie principale, du commandant de l'artillerie, du directeur du commissariat et du directeur du service de santé. Chaque commandant décide des affectations du personnel qui lui est subordonné. Tout ce qui a trait à la mobilisation relève du commandement supérieur.

Les troupes du groupe de l'Indochine sont articulées en une division du Tonkin, une brigade d'Annam-Laos, une division (ou brigade pendant la guerre de 191 A-191 S) de Cochinchine-Cambodge. Les généraux commandant ces grandes unités sont également les commandants des groupes de subdivisions correspondants.

Les territoires militaires

Comme les territoires montagneux du Tonkin sont plus difficiles à pacifier que le delta, ils sont placés sous régime militaire. Le texte de l'arrêté du 6 août 5 891 justifie cette décision :

"La région montagneuse qui entoure It delta ne se prête ni par ses caractères physiques qui la rendent presque partout très difficilement accessible, ni par les conditions dans lesquelles vivent ses habitants, à l'application du même régime administratif que le delta. Tous les bandits du Tonkin et des pays voisins y trouvent an refuge pour piller les villages du delta. Les populations sont très disséminées et peu nombreuses et te produit des impôts y est insultant pour subvenir aux besoins d'une administration analogue à celte du delta. Par conséquent, il est indispensable de doter cette région d'un régime administratif spécial et tris économique ..."

"En conséquence, la région montagneuse du Tonkin est constituée à l'état de territoires militaires, et les commandants de ces territoires exerceront tes pouvoirs militaires sous les ordres du général commandant en chef et tous tes pouvoirs civils du résident supérieur du Tonkin, sous ta haute autorité du gouvernement général".

En effet, le décret du 21 avril 1891 avait ouvert la possibilité de constitution de ces territoires militaires. Ils "pourront être déterminés par te gouverneur général après avis du résident Supérieur compétent et de l'autorité militaire. Vans ces territoires, l'autorité militaire exercera les pouvoirs du résident supérieur. Ces territoires rentreront sous te régime normal par décision du gouverneur général".

Ces territoires ont existé en nombre variable mais ont duré jusqu'en 1945- Réduits de cinq à trois en 1905 puis à deux l'année suivante, ils passent à trois en 1912 et cinq au cours de la première guerre mondiale. Ce sont au Tonkin les territoires de Moncay, Caobang, Hagiang, Laichau et dans le Haut-Laos Phong Saly. Mais à partir de 1905, ils ne dépendent plus entièrement du général commandant supérieur. Ils passent au point de vue administratif sous l'autorité du résident général du Tonkin. Les officiers, chefs des territoires, dépendent à la fois de la hiérarchie militaire et de la hiérarchie civile. En outre, des subdivisions frontières appartenant à des provinces civiles sont placées sous le commandement d'officiers "délégués" des résidents civils chefs des provinces.

La surveillance et la garde de la frontière est donc confiée à des militaires.

Les effectifs.

Les effectifs ont varié : 30 bataillons à quatre compagnies et 14 batteries d'artillerie en 1899, 46 bataillons et 23 batteries en 1908 réduits à 17 bataillons et 5 batteries en 1916, le maximum de troupes est alors dégagé pour la métropole. Cette réduction n'était pas sans risques. Le retour à des chiffres suffisants pour assurer la pacification fut retardé par les opérations du Levant et du Maroc. En 1926, il n'existe que 23 bataillons et 13 batteries. Il faut attendre 1931 pour obtenir des effectifs de 31 bataillons souhaités par les responsables. Malgré les événements de Chine et les opérations menées par les Japonais, U n'y en a que 29 en 1939, 42 après la mobilisation. La proportion des indigènes, 56,6 % en 1893, 57,5 % en 1904, est de 71,5 % en 1916 et de 70,1 % en 1926, 53,1 % en 1931. Ce dernier chiffre correspond à la moyenne de trois indigènes pour deux Européens (y compris le régiment étranger).

L'armement de ces troupes n'é tait plus celui de la période de conquête. Chaque bataillon disposait d'une compagnie de mitrailleuses, de fusils mitrailleurs et de lance-grenades. Les sept groupes d'artillerie (21 batteries) sont armés du 65 de montagne, du 75 porté et de quelques 75 et 105 de montagne qui permettent d'opérer dans tous les terrains mais sont lents à mettre en œuvre et supposent un nombre élevé d'animaux porteurs.

LA SECONDE GUERRE MONDIALE

La situation militaire

Si en 1914-1918 les effectifs réduits ont réussi à maintenir le calme en réprimant rapidement et peut-être durement les velléités de rébellion, les forces d'Indochine, après la défaite de.1940, ont à faire face à deux agressions extérieures, japonaise et thaïlandaise. Les éventualités de conflits ouvertes en Asie par l'attaque de la Chine par le Japon et l'avènement d'un nouveau souverain en Thaïlande n'avaient pas échappé aux dirigeants français. En 1938, différentes hypothèses sont envisagées. Le plan de Georges Mandel, ministre des Colonies, avait pour but de doter l'Indochine d'une industrie de guerre qui lui donnerait son autonomie dans le domaine du soutien logistique de ses forces armées : fabrication de munitions, d1 armes, enfin d'avions. Seule la première phase, création d'ateliers d'assemblage de munitions, est réalisée en 1940.

La mobilisation a accru les forces : elles comprennent 42 bataillons et 10 groupes d'artillerie pour l'armée de terre. L'aviation réquisitionne 17 Morane destinés à la Chine. La Marine réquisitionne des bâtiments et des armes ainsi que huit navires auxiliaires. Mais l'encadrement des troupes n'est pas suffisant, car l'Indochine ne pouvait fournir un nombre suffisant d'officiers européens et le recrutement d'officiers indigènes d'activé reste très limité. C'est seulement en 1939 que des indigènes non citoyens français sont admis à concourir en nombre, à titre indigène, aux écoles militaires. Le plan de défense prévoit des forces permanentes pour garder les deux deltas, Tonkin et Cochinchine, et une masse de réserve capable d'intervenir sur le point le plus menacé.

L'entrée des Japonais

Dès juin 1940, les Japonais exigent la fermeture de la frontière avec la Chine. Le 2 août, ils demandent le droit de passage pour leurs troupes à travers le Tonkin et l'utilisation des aérodromes. Des pourparlers s'ouvrent entre Vichy et Tokyo. Le 3 septembre, des négociations ont lieu à Hanoï entre- le commandement français et le général japonais Nishihara et aboutissent à un accord provisoire (22 septembre)» L'armée nippone était autorisée à stationner au nord du fleuve rouge avec un effectif ne pouvant dépasser 25 000 hommes. Les troupes japonaises de l'armée de Canton forcent la frontière sans attendre l'application de la convention le 22 septembre, bousculent les forces françaises et prennent Lang Son le 24. Le 26, d'autres forces japonaises débarquent dans la région de Do Son et marchent vers Haiphong ; l'ordre de Hanoi est de les conduire vers où elles désirent aller, pour éviter qu'elles ne se dispersent sur l'ensemble du territoire. Le 26, l'empereur ordonne de faire cesser les hostilités et de respecter l'accord du 22 septembre.

Trente mille Japonais de Chine transitent en octobre-novembre ; ce n'est que le 25 octobre que les troupes françaises et les autorités administratives peuvent réoccuper la province de Lang Son. Elles doivent faire face à des rebellions locales qui se réclament du Vietnamien Quang Phuc Hoï. Les principaux combats sont menés contre la bande Tran Trung Lap et durent jusqu'à la fin de décembre. Dans le sud, une agitation terroriste sévit jusqu'à la mi-décembre, date à laquelle s'ouvre le conflit avec la Thaïlande.

La guerre avec la Thaïlande.

Le 17 septembre, une note du gouvernement Bangkok réclame la cession des territoires laotiens situés sur la rive droite du Mékong. Ces revendications sont appuyées par une armée fortement renforcée depuis 1936, alignant 44 bataillons, 23 groupes d'artillerie, 3 compagnies de chars, une aviation de 250 appareils, une flotte comprenant deux garde-côtes cuirassés et dix torpilleurs. Des escarmouches et des opérations aériennes ont lieu en automne. L'armée thaïlandaise passe à l'offensive le 10 Janvier. L'armée française la contient mais échoue dans sa contre-offensive. La Marine remporte un net succès à Kohchung. Les Japonais imposent leur médiation et leurs conditions : les territoires laotiens situés sur la rive droite du Mékong, les régions de Pak Lay au nord et de Bassac au sud du Laos sont annexées par la Thaïlande ; une partie de la province de Siem Reap et celle de Battambang au Cambodge subissent le même sort.

Les rebellions internes

Le parti communiste Indochinois, rejoint par Nguyen Haï Quoc-Ho Chi Minh- en décembre 1940, décide en mai 1941 la constitution d'un front national ouvert à toutes les tendances pour abattre les impérialismes français et japonais. Il s'implante en 1942 et 1943 en haute et moyenne région du Tonkin. Les autorités chinoises arrêtent Ho Chi Minh et tentent d'organiser les réfugiés vietnamiens non communistes pour la lutte contre les Japonais. Ils échouent et doivent accepter Ho Chi Minh.

En 1943 cependant les autorités françaises s'inquiètent de la situation, les communistes multiplient les assassinats politiques et les pressions sur la population. L'administration locale est alors reprise en main, les effectifs de la garde indochinoise sont augmentés. La population mieux protégée se sépare des agitateurs. Une politique de clémence vis-à-vis des ralliés isole les rebelles, qui sont poursuivis et se réfugient dans leurs asiles au nord de Caobang. Ils reprennent l'offensive à l'automne 1944 à la suite des opérations japonaises en Chine méridionale. Des renforts envoyés dans le territoire militaire de Caobang les contiennent.

L'Indochine, et tes opérations alliées contre te Japon. Le coup de force japonais

La présence militaire japonaise est limitée à six mille hommes au nord Tonkin jusqu'en juillet 1941. Une division s'y ajoute au sud (la 21ème) après le passage de soixante-dix mille soldats destinés à la XXVème armée qui était chargée de pénétrer en Thaïlande depuis le Cambodge et de conquérir la Malaisie. À la fin de 1943 une brigade mixte s'implante à Saigon, la 21ème division gagne le Tonkin.

Considérée dès lors comme une base japonaise, l'Indochine subit les bombardements américains et le blocus de ses côtes : guerre sous-marine et mines dans les deltas désorganisent son économie en interrompant le trafic qui permettrait l'envoi de riz au nord et de charbon au sud.

Alors que l'Indochine se trouve impliquée bien malgré elle dans la guerre mondiale, l'amiral Decoux obtient du maréchal Pétain, avant son départ pour l'Allemagne, un blanc-seing lui permettant de représenter la France auprès du Japon et même d'envisager un ralliement possible aux alliés. De son côté le général de Gaulle qui est arrivé au pouvoir à Alger peut s'appuyer sur le général Mordant, jusqu'à présent commandant supérieur en Indochine. Quelques jours avant de quitter ses fonctions officielles, celui-ci est chargé de cette autre mission : mettre en œuvre la politique du comité d'Alger. Cette politique qui sera poursuivie par le gouvernement provisoire est de préserver à tout prix la souveraineté française dans la péninsule. Le 22 novembre 1944, le général Mordant reçoit ces précisions suivantes : "il s'agit pour la France de réintroduire l'Indochine française dans le cadre de la stratégie alliée du Pacifique, de maintenir dans le pays en cas d'ouverture des hostilités une présence française aussi importante que possible". De même il s'agit au minimum pour les alliés "de paralyser la plaque tournante des communications terrestres, maritimes et aériennes indispensables à la machine de guerre japonaise"

Bien que certains résistants souhaitent que l'amiral Decoux, qui est l'homme de Vichy, soit écarté des affaires, il est maintenu. À son propos, le général Mordant remarque : "seul le facteur japonais paraît recommander de maintenir Decoux jusqu'au moment qui précédera la libération... Compte tenu de la politique intérieure d'Ultra suivie par lui depuis tenu de la politique intérieure d'Ultra suivie par lui depuis l'armistice, cette solution n'est qu'une solution d'attente, pour gagner du temps vis-à-vis des Japonais ; elle ne doit entraîner l'inclusion de Decoux dans l'organisation de la résistance, sous peine d'un gros malaise chez tous les membres de cette organisation, dont les consciences seraient révoltées..."

C'est ainsi que le général de Gaulle "enregistre l'acte de subordination du gouverneur général au gouvernement provisoire de la République. Il accepte l'assurance de l'amiral que sa politique est actuellement guidée par le seul souci de garder l'Indochine à la Fiance... L'amiral reçoit donc l'ordre formel de ne pas se démettre de son poste, tant qu'il ne recevra pas l'ordre du gouvernement...".

Comme la guerre s'approche de plus en plus du territoire Indochinois en raison des succès américains, les Japonais y renforcent leurs troupes en y amenant en janvier 1945 une division et deux brigades. Ils disposent alors de soixante cinq mille hommes qui prennent position au cours de l'hiver auprès des unités françaises moins nombreuses, moins équipées et moins mobiles, car elles ont à assurer la sécurité des familles. A partir du 6 mars 1945, des indices annoncent un coup de force japonais. Ils sont plus ou moins pris en considération. Le 9 mars au soir l'amiral Decoux, après avoir repoussé un ultimatum, est prisonnier dans le palais du gouvernement général à Saigon, où il se trouvait: les garnisons françaises sont attaquées. Seuls les généraux Sabattier et Alessandri échappent à la surprise. Les garnisons du sud sont immédiatement submergées, les citadelles du nord sont prises au bout de quelques jours, les postes de la frontière chinoise sont évacués vers la Chine. Au centre et au sud des éléments parviennent à gagner la brousse. Si ceux du sud sont dispersés, ceux du centre réussissent à constituer des groupements ; mais ils ne sont aptes à combattre que d'une manière classique. Des bases de guérilla ne sont constituées qu'au Centre-Annam et au Moyen-Laos. Le 29 mars, le général Sabattier qui remplace le général Mordant, prisonnier des Japonais, est informé à Dien Bien Phu de sa nomination comme délégué général du gouvernement provisoire. Il avait reçu connue instruction :

"Prolonger la résistance sur territoire indochinois. Efforcez-vous en économisant nos forces au maximum, de garder le contrôle d'une ou de plusieurs zones, notamment dans le Haut-Laos et le Haut-Tonkin, pour matérialiser la souveraineté française sur le territoire de l'Union..."

Ces instructions sont en partie exécutées car si toute résistance cesse le 5 avril à l'est du fleuve rouge, des maquis se maintiennent au Laos, où ont été parachutés depuis les Indes des hommes entraînés. L'attitude de la population leur est favorable, toutefois sous la pression nippone ils se mettent en sommeil. Après la capitulation japonaise, ils pourront s'emparer des centres administratifs et rétablir la souveraineté de la France dans ces régions.

La capitulation japonaise ne règle pas tous les problèmes. En effet, depuis longtemps déjà, les dirigeants français savaient que les États-Unis étaient hostiles au retour de leur pays en Indochine : "Depuis plus de trois ans, toutes les interventions du. Gouvernement français auprès du gouvernement américain, en vue de faire reconnaître officiellement notre droit à participer aux opérations en Extrême-Orient, sont restées vaines. Cela tient à ta ligne politique générale adoptée en Extrême-Orient par tes Américains et qui tend à une élimination des anciennes puissances colonisatrices" Ainsi le président Roosevelt décide de faire occuper l'Indochine par les Anglais et les Chinois. La disparition de la présence militaire française et le vide qui s'en suivit permirent aux révolutionnaires de s'emparer du Tonkin et de la Cochinchine et de s'infiltrer au Laos et au Cambodge. C'est par une nouvelle guerre que les troupes françaises s'efforceront en vain de les réduire.

2ème PARTIE DE L'INTRODUCTION 1945 - 1956 LA GUERRE D'INDOCHINE

L'objet de cette partie de l'introduction, qui porte sur la période 1945-1956, est de présenter au lecteur les institutions, dans le cadre desquelles furent préparées, prises et exécutées les décisions françaises concernant l'Indochine, ainsi que les fonds d'archives qu'elles engendrèrent. Elle comprend :

. le rappel succinct des enjeux et des grandes étapes de la guerre d'Indochine, car il parait difficile d'aborder ces institutions, sans les avoir situées dans leur contexte historique.

. l'étude institutionnelle qui a pour objet les responsabilités respectives du haut-commissaire de France en Indochine et du général commandant le corps expéditionnaire, les organismes assistant le haut-commissaire, l'état-major du commandement militaire, les organismes de liaison et de coordination avec les États associés, les organismes parisiens spécialement chargés des affaires indochinoises et les commissions pour le contrôle de l'application des accords de Genève (pour les organismes dont le Service historique de l'armée de terre a reçu les papiers, la manière dont a été constitué leur fonds d'archives et l'intérêt qu'il peut offrir sont présentés à la suite de l'étude qui les concerne!

. le guide des thèmes de recherche, dont l'objectif est de permettre au lecteur de repérer dans quel fonds d'archives il peut trouver des renseignements sur un certain nombre de grandes questions traitées par différents organismes (organisation, personnel et effectifs du corps expéditionnaire - situation en Indochine et en Asie - relations de la France avec les pays Indochinois et ses alliés occidentaux - opérations et situation militaire - action et guerre psychologiques),

. l'énoncé de sources archivistiques qui, aussi bien au Service historique de l'armée de terre que dans d'autres dépôts français, complètent les archives de cet inventaire.

. L'étude des institutions d'Indochine n'est pas chose facile. Elles évoluèrent constamment ; leurs attributions s'enchevêtrèrent. En outre, l'abondance mais aussi parfois le manque de textes, leur imprécision, les contradictions qu'on y découvre rendent l'entreprise risquée. Aussi le résultat n'est-il pas toujours satisfaisant. Toutefois peut-on espérer qu'il permettra au chercheur de s'orienter un peu mieux dans le labyrinthe que sont ces institutions et leurs archives.

GRANDES ETAPES DE LA GUERRE D'INDOCHINE

L'organisation militaire française en Indochine a été largement tributaire des événements qui ont jalonné la guerre. Aussi n'est-il pas superflu de rappeler succinctement quels furent les enjeux et le déroulement de celle-ci.

À la suite de la capitulation japonaise du 16 août 1945, la France devait reprendre pied en Indochine et faire reconnaître à nouveau son autorité et sa souveraineté sur les territoires de la péninsule. La chose ne serait pas facile, car il fallait négocier le retrait des troupes chinoises, qui occupaient le nord et des troupes britanniques, qui occupaient le sud. Ensuite il fallait traiter avec les représentants des populations, pour jeter les bases des nouvelles relations entre la République française et celles-ci, tant il paraissait évident qu'à la suite de l'occupation japonaise les liens de dépendance et l'organisation d'avant-guerre ne pouvaient être purement et simplement reconduits. Le Vietminh, un mouvement vietnamien, de tendance à la fois nationaliste et communiste, n'avait-il pas annoncé la création de la République démocratique du Vietnam et proclamé, le 2 septembre 1945, l'indépendance du pays.

Dans un premier temps, la France semble atteindre ses objectifs ; son autorité sur la péninsule était à nouveau reconnue. Les Chinois avaient accepté, certes avec réticence, de partir, tandis que les Anglais s'étaient retirés sans difficulté. Par ailleurs, des accords avaient été signés avec le Cambodge et le Laos. Avec le Vietnam, les choses s'avèrent un peu plus compliquées : le Vietminh soupçonnait les Français de n'avoir pas l'intention de reconnaître l'indépendance du pays et d'œuvrer contre l'unité de celui-ci, en favorisant l'autonomie de la Cochinchine. Malgré ces sources de mésentente, étalent signés, le 6 mars 1946, avec le président du gouvernement vietnamien, Hô Chi Minh, des accords qui reconnaissaient la République du Vietnam comme un état libre à l'intérieur de la fédération Indochinoise et de l'Union française. De son côté, le gouvernement vietnamien acceptait la présence de troupes françaises sur son territoire.

Au printemps de 1946, il était donc possible de croire que la politique de la France avait réussi. Cependant les négociations avec Hô Chi Minh, qui devaient' officialiser les relations franco-vietnamiennes, maintenues par un modus vivendi signé le 14 septembre 1946, n'aboutirent pas. Pis, le 19 décembre, éclatait une insurrection suscitée par le Vietminh contre la présence française. À partir de là, les extrémistes des deux bords poussèrent à la rupture et il ne fut plus question de traiter avec Hô Chi Minh. La France fut donc obligée de se mettre en quête d'autres interlocuteurs représentatifs du peuple vietnamien ; elle se tourna vers Bao-Dal.

Parce que ce dernier manifestait quelques réticences, la France finit par lui accorder, pour l'appâter, ce qu'elle avait refusé en 1946 à Hô Chi Minh : l'indépendance et l'unité du Vietnam. Ainsi, le 8 mars 1949, l'empereur Bac-Dal et le président Auriol échangeaient à Paris des lettres qui officialisaient les accords mis au point en baie d'Along en décembre 1948. Ayant reconnu l'indépendance du Vietnam puis celle du Laos et du Cambodge, la France pouvait estimer que dorénavant sa politique serait mieux accueillie d'une part par les populations locales, d'autre part par l'opinion internationale et notamment par les États-Unis, qui soupçonnaient cette puissance de vouloir rétablir des liens de type colonial avec les peuples Indochinois. Certes il restait le Vietminh, qu'elle n'avait pu vaincre, ni faire fléchir. Toutefois, il n'était pas considéré comme un ennemi très dangereux ; il était capable d'harceler des troupes isolées, mais bien incapable d'affronter le corps expéditionnaire lors d'une bataille.

Aussi le commandement militaire estima que l'on pouvait dégarnir le nord du Vietnam, et notamment la frontière avec la Chine, bien qu'il s'y trouvât- un important réduit vietminh, au profit du centre et du sud du pays, où un maximum de forces était nécessaire pour permettre l'installation sans encombre de Bao-Dal. En octobre 1950 au cours de l'évacuation de Cao Bang, place de la frontière nord-est, se produisit l'imprévisible deux colonnes du corps expéditionnaire français furent défaites par l'armée du Vietminh. Il était désormais difficile de croire et de faire croire que ce dernier n'était qu'une bande de rebelles sans valeur au combat. Alors qu'une solution politique, grâce à Bac-Dal était en vue, la solution militaire se dérobait. La situation était d'autant plus préoccupante que Mao Tsé-Toung avait pris le pouvoir en Chine. Cet événement capital allait désormais permettre au Vietminh de se faire aider par ses voisins chinois.

Il s'imposait de placer à la tête de l'Indochine une personnalité susceptible de redonner confiance au corps expéditionnaire traumatisé par le désastre de Cao Bang, d'empêcher que le Vietminh ne s'empare du Tonkin, de persuader les populations indochinoises et les États-Unis que la France se battait pour 1 ' indépendance des peuples de la péninsule et non pour leur maintien en tutelle et enfin de mettre sur pied les armées des nouveaux états qui devaient désormais défendre eux-mêmes leur territoire. Cette personnalité devait donc allier les talents du diplomate à l'art du guerrier. Le général de Lattre de Tassigny fut choisi. Et comme le gouvernement français était de plus en plus conscient du caractère politico-militaire de cette guerre et que, de ce fait, les actions politiques et militaires devaient non seulement être coordonnées mais avoir un responsable unique, de Lattre fut à la fois haut-commissaire et commandant en chef en Indochine.

Lorsque le général de Lattre quitta la péninsule pour mourir, son œuvre était échafaudée, mais non achevée: la situation militaire était rétablie au profit de la France, l'armée vietnamienne était mise sur pied, l'aide américaine commençait à affluer. Toutefois, le Vietminh était loin d'être vaincu et la population semblait attendre plutôt que de se rallier à Bao-Dal. Il fallait donc poursuivre ce qui avait été entrepris aussi bien au plan politique qu'au plan militaire.

Au printemps 1952, la guerre semblait s'enliser. Aucun des deux adversaires n'était en mesure de l'emporter sur l'autre. Le Vietminh ayant compris qu'il ne pouvait vaincre les forces françaises dans le delta tonkinois, où elles se trouvaient en position de force, décida de les attirer dans la Haute-région, où il était difficile à une année moderne, dotée d'un équipement lourd, de manœuvrer. Le général Salan, successeur militaire de De Lattre, riposta avec quelques succès, dont celui de Nasan en décembre 1952. Toutefois, le Vietminh ne s'en tint pas là et envahit au printemps 1953 le Haut-Laos. Même si cette nouvelle offensive ne donna pas les résultats escomptés, elle inquiéta le gouvernement français, car elle démontrait la combativité et la puissance de l'armée du général Giap et rendait précaire la solution politique mise en place par la France. Celle-ci était elle-même fragile, car la population vietnamienne doutait toujours de la volonté française d'accorder l'indépendance à son pays : le régime de Bao-Daï n'était-il pas le paravent d'une administration française, qui conservait en pratique tous les leviers de commande ? Il était donc urgent de mettre en application l'indépendance vietnamienne. Pour prouver sa bonne foi, le gouvernement français procéda à un réaménagement de sa représentation auprès des États associés. Le poste de haut-commissaire fut supprimé et remplacé en avril 1953 par celui de commissaire général de France en Indochine, dont les responsabilités furent redéfinies. Par ailleurs, dans chacun des trois États, un haut-commissaire était chargé de représenter la France. Le préambule du décret du 27 avril 1953 portant réorganisation du régime de la représentation française en Indochine déclarait :"Ces dernières années ont été marquées en Indochine par une évolution profonde de la situation politique. En effet, en même temps qu'étaient transférées aux États associée d'Indochine les compétences primitivement détenues par les autorités françaises, les liens commune entre ces États se relâchaient pour faire progressivement place à des rapports nouveaux. En application des traités de 1948 et de 1949, ainsi que des conventions annexes qui les ont complétés, la France a assuré et garanti l'indépendance du Cambodge, du Laos et du Vietnam, tant sur le plan de la souveraineté interne que sur celui de ta souveraineté externe depuis la ratification des accords de Pau en décembre 1950. La seule limitation à cette indépendance a été consentie par ces États, du fait de leur adhésion à l'Union française"

Les déclarations et cette réorganisation ne suffirent pas à faire croire que la France était décidée à octroyer une indépendance réelle aux États associés. Certains estimaient que les nouvelles structures cachaient les mêmes relations de dépendance que précédemment. Ainsi dans une note du 23 juillet 1953 (H, un conseiller Juridique du secrétariat permanent de la défense nationale observait : "État français a maintenu illégalement une structure administrative française parallèle à celle du Vietnam" qui avait accédé à l'indépendance plus de quatre ans auparavant. En fait le gouvernement français était pris entre la volonté d'accorder au Vietnam une indépendance pleine et réelle, pour rendre crédible le régime de Bao-Dal, et la nécessité de n'accorder cette indépendance qu'au compte-gouttes, pour ne pas inquiéter certains milieux politiques, qui voyaient là l'enclenchement du processus d'abandon de l'Indochine puis de l'empire.

En outre, cette politique difficile à réaliser en raison de ces tendances contradictoires risquait d'être compromise par le sont des armes. Ainsi le gouvernement décida-t-il de renvoyer le général Salon, qui était commandant «n chef et de le remplacer en mai 1953 par le général Navarre. Celui-ci comprit qu'il n'était pas en mesure de vaincre les forces du Vietminh, Il choisit donc de procéder par étapes. Dans un premier temps, en 195A, comme il était nécessaire de dégager une masse de manœuvre, il projetait de faire relever les unités de défense territoriale françaises, qui stationnaient en Annan et en Cochinchine, par 'armée vietnamienne. Dans un deuxième temps, «n 1955, il comptait mettre sur pied le corps de bataille, avec lequel il affronterait l'armée vietminh au cours de l'hiver 1955-1956. Et il n'était pas question de livrer une grande bataille avant cette date. Cependant Navarre avait une autre préoccupation t protéger le Laos, qui était un allié sur et avec lequel la France avait passé un accord de défense en octobre 1953. Aussi décidait-il d'occuper Dien Bien Phu en novembre, pour barrer la route de ce pays au général Giap. Il pensait qu'en raison de la situation de cette place, en région de montagne, le Vietminh n'aurait jamais la capacité de l'attaquer avec de gros moyens. C'était là sous-estimer la valeur logistique de son adversaire. En effet celui-ci, résolu qu'il était d'obtenir coûte que coûte une victoire retentissante, alors que se déroulait à Genève une conférence internationale pour le rétablissement de la paix en Indochine, jeta un maximum de forces dans la bataille, réussissant 4 transporter par des chemins peu accessibles un armement lourd. Le 7 mai 1954 Dien Bien Phu tombait.

Après cette défaite, et alors que l'opinion française était lasse de la guerre, le nouveau gouvernement présidé par Pierre Mendès-France était déterminé à traiter, si lui étaient proposées des conditions acceptables. Les négociations aboutirent le 21 juillet 1954 à un accord, dont l'objectif était de régler le problème Indochinois.

Les accords passés à Genève coupaient le Vietnam en deux états au niveau du 17e parallèle. La France ne reconnut qu'un seul gouvernement, celui du Vietnam national, auquel elle demeurait liée par les accords passés précédemment. Elle s'engageait à assurer une "indépendance totale et qui ne puisse prêtre à aucune espèce dz confusion dont, l'esprit des gouvernements tiers". La note personnelle et secrète du général Ely, commissaire général de France, déclarait ensuite : "cette indépendance exclut dz noire, part tout retour ouvert ou déguisé, sous le prétexte transitoire de la période actuelle, une formule coloniale ou semi-coloniale. Aucune ingérence de notre part dans tes affaires vietnamiennes ne peut être tolérée".

La France s'engageait également à aider économiquement le Vietnam national et à faciliter la mise sur pied et le développement de son armée. En outre "le corps expéditionnaire devra être considéré durant la période transitoire comme un élément d'une organisation de défense commune établie par des alliés égaux en droit. Conformément aux dispositions établies à Genève, il demeurera au Vietnam aussi longtemps que le gouvernement vietnamien l'estimera nécessaire et pas au-delà".

Par ailleurs, dans le cadre de ses relations avec la République démocratique du Vietnam, la France faisait du respect des conventions de Genève un "impératif absolu". Aussi le général Ely avertissait :

"Aucun fléchissement ne saurait être toléré en ce qui concerne

- la restitution des prisonniers ennemis,

- l'aide à apporter au Vietminh pour lui permettre d'effectuer des regroupements,

- l'évacuation par nos forces des zones attribuées à l'armée populaire,

- la passation en bon ordre des services publia en bon état de fonctionnement,

- enfin l'aide à apporter à la commission internationale dans l'exécution de sa mission".

Le général Ely concluait :

"le gouvernement français entend, je te répète, et tout en respectant l'esprit et ta lettre des conventions de Genève, appuyer l'État du Vietnam. Il restera, ce faisant, fidèle à ta fois à des relations d'amitié centenaire et au cadre général de sa politique étrangère, dont l'alliance Atlantique, est ta base et qui seule peut permettre à ta France d'assurer en tout état de cause ta défense de ses intérêts sur l'ensemble du globe".

Une note du 3e bureau de l'E.M.I.F.T. du 25 octobre 1954 précisait les nouvelles missions et articulation du corps expéditionnaire. Les accords de Genève prévoyant le regroupement des unités de l'armée populaire, qui se trouvaient au sud du 17e parallèle, il fallait réoccuper les provinces évacuées par celles-ci. Les incidents seraient examinés par la commission internationale. Les responsabilités militaires territoriales seraient transférées à l'armée vietnamienne, le corps expéditionnaire devant être stationné dans des zones bien définies. Sa présence dans un premier temps était considérée comme indispensable pour rétablir la balance des forces. Mais celui-ci devait tenir compte de l'indépendance des Etats indochinois et du transfert au Vietnam et au Laos des responsabilités de défense territoriale et de maintien de l'ordre.

Il était également envisagé une possible reprise des hostilités. Dans ce cas, le corps expéditionnaire avait pour mission des défendre les points stratégiques, soit pour permettre à nos alliés intéressés au maintien des positions occidentales en Indochine d'intervenir, soit tout simplement pour permettre le réembarquement des forces.

Si la reprise des hostilités n'avait pas lieu prochainement, et dans la mesure où les conditions politiques locales évolueraient favorablement et une armée vietnamienne solide se développerait, le rôle du corps expéditionnaire serait alors d'épauler les forces du sud Vietnam.

La reprise des hostilités entre le Vietnam du Nord et le Vietnam du Sud eut lieu, mais plus tard ; et cette nouvelle guerre ne fut plus l'affaire de la France mais celle des États-Unis. En fait Dien Bien Phu puis les accords de Genève sonnèrent le glas du rôle et de la présence de la France en Indochine. Ils furent également l'annonce de nouveaux rapports entre cette puissance et les pays qu'elle avait colonisés ou protégés.

RESPONSABILITES RESPECTIVES DU HAUT-COMMISSAIRE PUIS COMMISSAIRE GENERAL DE FRANCE EN INDOCHINE ET DU GENERAL COMMANDANT LE CORFS EXPEDITIONNAIRE

"Plus peut-être dam ta guerre d'Indochine que dam tout autre conflit, liés problèmes militaires sont étroitement liés aux problèmes civils, politiques et économiques en particulier", observait en 1953 le général Navarre. Dès le début du conflit, la coordination des actions politique et militaire fut l'une des préoccupations essentielles des dirigeants français. Elle fut pleinement atteinte lorsque la même personnalité occupa à la fois les fonctions de haut-commissaire et de commandant en chef. Ce fut le cas de l'amiral Thierry d'Argenlieu et des généraux de Lattre de Tassigny et Ely. Toutefois cette concentration des pouvoirs ne pouvait s'opérer que lorsque le haut-commissaire était lui-même militaire. Lorsque celui-ci était civil et qu'il n'avait de ce fait aucune compétence particulière en matière de défense, l' était obligé de concéder au général commandant le corps expéditionnaire une partie de ses responsabilités en ce domaine, au détriment de l'unité d'action politico-militaire. L'évolution des attributions de l'un et de l'autre révèle le partage des responsabilités dans la conduite de la guerre entre autorités civile et militaire.

Attributions du haut-commissaire et du général commandant Supérieur en Extrême-Orient à l'époque de l'amiral Thierry d'Argenlieu (1945-1947).

En août 1945, il s'agissait pour la France de faire reconnaître à nouveau son autorité sur l'Indochine et reprendre pied dans la péninsule. L'ambition de ces objectifs explique que le général de Gaulle ait décidé de concentrer les responsabilités civile et militaire entre les mains de l'amiral Thierry d'Argenlieu.

L'amiral fut nommé le 17 août 1945 haut-commissaire de France pour l'Indochine. Le même jour, le décret n° 45 1869 fixait ses attributions : "le haut-commissaire de ' France pour l'Indochine est le représentant en Indochine du gouvernement provisoire de ta République française. Il exerce les pouvoirs du gouvernement général de l'Indochine et ceux, du commandant en chef des forces terrestres, navales et aériennes qui sont basées en Indochine ou désignées pour s'y rendre, dés tors qu'elles ont atteint te théâtre des opérations". L'amiral était donc responsable de la défense du territoire Indochinois, ainsi que du maintien de l'ordre public et de la sécurité.

Si le haut-commissaire exerçait les pouvoirs qui avaient été ceux du gouverneur général de l'Indochine, il ne dépendait pas comme celui-ci du ministre des colonies, mais en raison même de la gravité de la situation, du chef du gouvernement provisoire puis du président du conseil, dont il recevait les directives par l'Intermédiaire de l'état-major de la défense nationale (EMDW) ; en effet la conduite de la guerre et l'organisation générale du corps expéditionnaire était du ressort de ce dernier.

De son côté, le haut-commissaire proposait à l'EMDN les plans d'organisation des armées des États indochinois. En outre il procédait à la répartition de l'ensemble des ressources servant à la défense entre les secteurs civils et militaires. Enfin il se réservait les questions suivantes : le budget des forces, la relève des effectifs, la discipline et le moral du corps expéditionnaire.

Le haut-commissaire, qui disposait des forces armées, donnait aux officiers généraux commandant celles-ci les directives d'emploi, en vue d'assurer la permanence de la souveraineté française sur les territoires de la fédération, qu'il s'agisse de défense extérieure ou du maintien de l'ordre intérieur.

Le général Leclerc, qui en 1945 commandait les forces terrestres en Extrême-Orient, avait des pouvoirs plus étendus que ses collègues de la marine et de l'aviation. 11 portait le titre de "général commandant supérieur des troupes en Extrême-Orient" et pouvait exercer en certaines circonstances un commandement interarmées. En effet sous l'autorité du haut-commissaire, commandant en chef, il était chargé de "prendre toutes tes mesures militaires tendant au rétablissement de l'ordre sur les territoires de l'union Indochinoise". Pour ce faire, il élaborait les plans d'opérations combinées, disposait pour emploi des forces navales et aériennes, assurait une liaison de travail entre les états-majors et rassemblait les renseignements de toutes les sources militaires et civiles, notamment de la DGER.

Ainsi, dans le cadre des directives gouvernementales, l'amiral Thierry d'Argenlieu, haut-commissaire et commandant en chef en Indochine, était chargé de la conduite de la guerre et de l'organisation générale du corps expéditionnaire. De son côté, le général Leclerc, commandant supérieur des troupes en Extrême-Orient, dans le cadre des directives du haut-commissaire, disposait pour emploi des forces armées.

Les attributions du haut-commissaire et du générât commandant Supérieur à l'époque d'Emile Bollaert et de Léon Pignon (1947-1950).

Après le départ de l'amiral Thierry d'Argenlieu, le nouveau haut-commissaire fut un civil, Emile Bollaert ; il ne fut pas nommé commandant en chef. Toutefois, il eut sensiblement les mêmes responsabilités que son prédécesseur puisque le décret n° 47 559 du 27 mars 1947, qui l'instituait "dépositaire des pouvoirs du gouvernement de la République et le représentant de l'Union française en Indochine", précisait qu'il relevait du ministre de la France d'outre-mer et qu'il était responsable de la sécurité en Indochine : "il assure la direction des moyens militaires, qui sont stationnés et coordonne la mise en œuvre, de sa défense dans des conditions qui seront fixées par décret".

Ce décret annoncé dans le texte précédent et qui était du même jour signifiait que le haut-commissaire, responsable de la sécurité de l'Indochine recevait ses directives du président du conseil et donnait des instructions au général commandant supérieur des troupes françaises en Extrême-Orient.

Les forces armées d'Indochine continuaient donc à dépendre du président du conseil par l'intermédiaire de l'EMDRO), pour la conduite de la guerre et l'organisation générale du corps expéditionnaire. Pour les autres questions, les forces terrestres relevaient du ministre de la France d'Outre-Mer, (à qui il appartenait le cas échéant d'adresser au ministre de la guerre les demandes nécessaires), les forces navales du ministre de la marine et les forces aériennes du ministre de l'air.

Si Emile Bollaert commença par avoir sensiblement les mêmes pouvoirs en matière de défense et de sécurité que l'amiral Thierry d'Argenlieu, bientôt allait s'enclencher une dissociation entre les responsabilités civiles et militaires et un glissement de ces dernières, abandonnées par le haut-commissaire, dans la mouvance du général commandant supérieur. En effet, Bollaert après la rupture avec Hô Chi Minh fut de plus en plus absorbé par ses activités politiques. En outre, il n'était pas, à la différence de son prédécesseur, un spécialiste des questions militaires. C'est pourquoi il fut amené à se reposer sur le savoir-faire du général commandant supérieur. Et en 1948 au départ du général Valluy, remplacé par le général Blaizot, il demandait que ce dernier fût nommé commandant en chef des forces armées en Extrême-Orient. L'ordre général n° 2 du 9 juin 1948 en fixait les attributions :

"Le général commandant en chef donne tes directives générales d'opérations, conformément aux décisions prises en conseil de défense par le haut-commissaire. Il contrôle l'exécution de ces opérations. Il en rend compte au. haut-commissaire et à t'état-major de la défense nationale..."

"Le général commandant en chef décide des mouvements des réserves du commandant en chef et des modifications oui apparaîtraient comme nécessaires dans la répartition des moyens entre les différents théâtres d'opérations".

"Il fait étudier tes opérations comportant l'introduction de renforts sur tes différents théâtres. Après avis des commandants des forces terrestres, maritimes et aériennes, il désigne le chef de ces opérations et fixe ta composition de son état-major. It approuve tes plans d'opérations et en contrôle t'exécution".

En outre, le commandant en chef orientait l'activité des organismes de recherche des renseignements, faisait diffuser les renseignements ainsi obtenus à tous les commandements militaires intéressés. Il était lui-même régulièrement tenu au courant des renseignements recueillis par ces commandements militaires.

Les attributions de défense nationale lui valaient d'assurer la coopération entre autorités civiles et militaires, l'étude et l'installation des bases et garnisons, l'étude et la mise en œuvre des accords militaires avec les États associés et le règlement des incidents provoqués par les forces armées. Il établissait les plans de transport et en contrôlait l'exécution.

Par ailleurs, il était tenu au courant des besoins des trois armées, en fonction des nécessités opérationnelles et des directives adoptées en conseil de défense et de leur satisfaction par les départements interarmées. "À ce titre, il présente à t'accord du haut-commissaire avec ses observations éventuelles, tes plans de campagne et les demandes de devises établies suivant ses directives par les commandants des trois armées".

Le 12 juin 1948, le général Blaizot voyait ses responsabilités s'étendre encore davantage, puisqu'un nouveau décret précisait que celui-ci, nommé le 22 avril 1948 commandant en chef et adjoint au haut-commissaire de France en Indochine "pour l'exercice des pouvoirs dévolus à cette, haute autorité par le démet au 27 mars 1949 en matière de défense et de sécurité", pouvait être chargé de remplacer par intérim le haut-commissaire sur décision de ce dernier.

De son côté, le général commandant les forces terrestres était responsable de l'exécution des opérations menées avec les moyens affectés en propre aux différents théâtres. "Il coordonne normalement sur ces théâtres l'action des forces maritimes et aériennes mises à la disposition des commandements de théâtres. Les difficultés qui apparaîtraient dans l'emploi combiné de ces forces peuvent être portées devant te général commandant en chef".

Si le commandant en chef voyait s'affirmer son indépendance vis à vis du haut-commissaire, il entrait directement en concurrence avec le général commandant les forces terrestres, qui avait exercé jusqu'à présent les attributions interarmées et qui n'entendait pas qu'on le dépouillât de celles-ci au profit du commandant en chef. Cette dualité des pouvoirs fort préjudiciables à la conduite des opérations dura jusqu'au décret du 3 octobre 1949. Il y était déclaré : "Les fonctions de commandant en chef et de commandant des forces terrestres en Indochine sont exercées par te même officier générât". Ainsi le général Carpentier, qui succéda à cette date au général Blaizot, avait sensiblement les mêmes attributions que son prédécesseur, mais cette fois sans risquer d'entrer en conflit avec le commandant des forces terrestres, puisqu'il était titulaire des deux fonctions.

Attributions du général de Latine, de Tassigny (1950-1952).

A la fin de 1949, il y avait donc séparation de fait entre les responsabilités politiques, qui étaient exercées par le haut-commissaire, et les responsabilités militaires, qui étaient l'apanage du commandant en chef. Cette organisation des pouvoirs allait être bouleversée par la nomination du général d'armée de Lattre de Tassigny. La gravité de la situation découlant du désastre de Cao-Bang avait amené le gouvernement à attribuer à celui-ci les fonctions de haut-commissaire et de commandant en chef. Il était reconnu que : "La guerre d'Indochine est une guerre politico-militaire. Pan. ta réunion sous ta même, autorité du général d'armée des pouvoirs civils et militaires sur le théâtre d'opérations Indochine est assurée l'unité des responsabilités qui entraîne automatiquement l'unité d'action. Vans te cadre des accords passés avec tes États associés, cette unité d'action doit jouer sur faction politique, faction diplomatique, faction militaire".

Les fonctions du général de Lattre étaient ainsi définies : "le haut-commissaire de France en l'Indochine est, sous ta haute autorité du ministre d'État chargé des relations avec tes États associés, et dans te cadre des accords passés avec le Cambodge, le Laos et te Vietnam, le dépositaire en Indochine des pouvoirs du gouvernement de la République française. Il est responsable de la défense et de la sécurité de l'Indochine. Il exerce tes pouvoirs de commandant en chef des forces terrestres, navales et aériennes, qui y sont stationnées".

Responsable de la défense et de la sécurité en Indochine, le général de Lattre s'attribua personnellement la conduite de la guerre, les relations avec les États associés et les alliés de la France, l'information et le renseignement. Il se déchargea sur son adjoint, le général Salan, de l'organisation, de la logistique et des opérations du corps expéditionnaire.

Organisation des pouvoirs après la disparition au général de Lattre de Tassigny (1952-1954)

Après le départ d'Indochine du général de Lattre, le gouvernement français fut dans l'incapacité de trouver une personnalité susceptible de remplir à son instar les fonctions de haut-commissaire et de commandant en chef. Ainsi dans un premier temps le secrétaire général du haut-commissaire exerça les responsabilités civiles, tandis que le général Salan, qui était l'adjoint du commandant en chef, exerça les responsabilités militaires. Finalement, faute de découvrir un successeur au général de Lattre, un compromis fut élaboré. Le décret ti° 52-418 du 18 avril 1952 annonça : "le ministre d'État chargé des relations avec les États associés, tout en conservant les attributions que lui confèrent les textes en vigueur, est le dépositaire des pouvoirs du gouvernement en Indochine et exerce les attributions définies par tes décrets du 27 mars 1947 et du 3 octobre 1949". Ceci signifiait que Jean Letourneau faisait office de haut-commissaire tout en restant ministre chargé des relations avec les États associés. Il allait de soi que pris par ses fonctions parisiennes, il ne pourrait résider à plein temps en Indochine et que ses adjoints, le secrétaire général et Raoul Salan, continueraient à y assumer, le premier les responsabilités politiques, le second les responsabilités militaires.

En 1953, pour bien montrer qu'il entendait respecter l'Indépendance des États associés, le gouvernement français décida de modifier sa représentation auprès de ceux-ci : le haut-commissaire de France en Indochine fut remplacé par un commissaire général, tandis qu'un haut-commissaire était placé auprès des gouvernements du Vietnam, du Laos et du Cambodge. Le décret du 27 avril déclarait : "l'évolution de la Situation politique en Indochine a amené la France à modifier la structure dz sa représentation dans tes États associés et à accréditer auprès des chefs dz ces États un haut-commissaire, le décret organique créant ces hauts commissariats a prévu que des titulaires seraient placés sous l'autorité du ministre des relations avec les États associés. Or, les accords de Pau ont prévu le maintien d'un certain nombre, d'organismes communs aux trois États associés et à ta France- Il ne pouvait être envisagé de faire représenter la République au sein de ces organismes par t'un des trois hauts commissaires. Vautre part, l'état de guerre qui persiste en Indochine exige que soient coordonnés tes activités des trois hauts commissaires et qu'un haut fonctionnaire assume devant le gouvernement la responsabilité de la défense de t'Indochine. Il est donc apparu nécessaire de compléter ta nouvelle organisation de la représentation française auprès des États associés par ta création d'un poste de commissaire général de fronce en Indochine".

En juillet 1953, Maurice Dejean fut nommé à ce poste. Il était responsable, dans le cadre des accords avec les États associés, de la défense et de la sécurité de l'Indochine et disposait notamment à cette fin de l'aide apportée à ces États pour la défense des frontières de l'union française et la sécurité en Indochine. Il suivait l'action des hauts commissaires et coordonnait leurs activités. Enfin il ne pouvait engager de négociations diplomatiques sans l'autorisation du gouvernement.

Parallèlement à cette réorganisation d'ordre politique et diplomatique, le gouvernement français remplaça le général Salan par le général Navarre. Celui-ci devint commandant en chef en mai 1953 et vit ses attributions fixées par un décret du 19 août : "un officier général est chargé de la conduite des opérations militaires en Indochine. Il porte le titre de commandant en chef des forces terrestres, maritimes et aériennes en Indochine. Le général commandant en chef assiste directement te commissaire général de France, en Indochine dans l'exercice de ses attributions en matière de défense et de sécurité en Indochine. Il assure l'Intérim du commissaire général de France en Indochine, le commandant en chef prépare tes plans généraux de défense et de sécurité de t'Indochine. Ces plans, ainsi que toutes questions d'ordre militaire intéressant l'Extrême-Orient, sont présentées par le commissaire général de France en Indochine au Ministre chargé des relations avec tes États associés, qui tes soumet au comité de défense nationale".

Le commandant en chef assumait les responsabilités de la conduite des opérations et du rétablissement de l'ordre. Il disposait des forces armées affectées à ces ' missions et en exerçait le commandement unique. Dans le cadre d'accords conclus avec les États associés, il disposait également pour emploi des forces nationales de ces États.

Ainsi le général Navarre exerçait à la fois un commandement interallié et interarmées ; il avait l'emploi des forces françaises et indochinoises dans la limite des missions qui lui étaient imparties. Il était également le représentant officiel du haut commandement français en Asie du sud-est et le conseiller militaire du commissaire général en Indochine. On assistait à nouveau à une séparation de fait entre les responsabilités politiques et militaires, les premières étant assumées par le commissaire général et les secondes par le commandant en chef.

Attributions du général Ely (1954-1955).

La chute de Dien Bien Phu et l'aggravation de la situation qui en découla amena le gouvernement français à procéder à une nouvelle concentration des pouvoirs. Le conseil des ministres du 3 juin 1954 nomma le général Ely commissaire général et commandant en chef. Responsable de la défense et de la sécurité en Indochine, il exerça notamment les attributions qui avaient été celles du général Navarre. Toutefois, à la suite des accords de Genève, sa mission se réduisit à l'application de ceux-ci, tandis que les nouvelles tâches du corps expéditionnaire étaient bien délimitées. En outre, la France entreprit de se retirer politiquement et militairement d'Indochine. Lorsque Paul Ely quitta ses fonctions en juin 1955, le poste de commissaire général fut supprimé. Son successeur militaire, le général Pierre Jacquot, nommé commandant en chef le 5 juin 1955, présida à la liquidation et à la dissolution du corps expéditionnaire, qui intervint le 30 avril 1956.

ORGANISMES ASSISTANT LE HAUT-COMMISSAIRE ET COMMANDANT EN CHEF

(Comité militaire permanent pour l'Indochine, conseil de défense, état-major particulier, cabinet)

Le haut-commissaire puis commissaire général, qui à plusieurs reprises fut également commandant en chef, fut assisté dans l'élaboration de ses décisions par des organes de délibération, de coordination et d'étude. L'organe de délibération s'intitula successivement : comité militaire permanent pour 1 'Indochine puis conseil de défense. En 1953 fut créé pour coordonner les actions civile et militaire un comité de guerre. L'organe d'étude s'appela selon les époques soit état-major particulier, soit cabinet militaire.

1- Comité et conseils

. Comité militaire permanent pour. L'Indochine.

Sous l'amiral Thierry d'Argenlieu, ce comité qu'il présidait était composé des trois officiers généraux qui commandaient les forces armées, ainsi que du chef de l'état-major particulier du haut-commissaire, dont II sera question ci-dessous. Certaines personnalités civiles ou militaires intéressées par les questions figurant à l'ordre du jour pouvaient y être convoquées.

Ce comité délibérait principalement des questions de défense nationale, exigeant la coordination des activités des grands services civils et des hauts commandements militaires

. Conseil de défense.

A partir d'Emile Bollaert, le conseil de défense prit la suite du comité militaire permanent pour l'Indochine. A son instar, il délibérait sur toutes les questions d'ordre général concernant la préparation et l'équipement des territoires Indochinois, dans le but d'en assurer la défense et la sécurité. En outre, il examinait et arrêtait les plans de défense et de sécurité. Sa composition était la même que celle de l'ancien comité militaire, à une exception près : le secrétaire général du haut-commissaire, dont la fonction venait d'être créée, y participait.

Par la suite les attributions du conseil de défense furent rognées. A partir d'octobre 1949, il ne faisait plus qu'examiner et non plus arrêter les plans de défense et de sécurité. Il avait par contre obtenu le droit de formuler son avis sur l'opportunité des opérations avant le déclenchement de celles-ci. Le général de Lattre le lui retira.

. Comité de guerre.

L'unité d'action politico-militaire en Indochine fut l'une des préoccupations premières du gouvernement français. Or en 1953, alors que la guerre s'intensifiait, pouvoir politique et pouvoir militaire étaient séparés, puisque l'un appartenait au commissaire général et l'autre au commandant en chef. Cette dualité était d'autant plus préjudiciable, que la France se devait de tenir un seul et même langage face aux États associés qui, devenus indépendants, n'étaient plus des protégés à qui l'on imposait sa volonté, mais des partenaires qu'il convenait de convaincre.

Pour toutes ces raisons, le général Navarre écrivait au commissaire général, le 22 août 1953 ; "Si la conduite des opérations est étroitement centralisée, entre tes mains au général commandant en chef, les autres problèmes qui intéressent ta conduite de la guerre ne me paraissent pas actuellement coordonnés entre eux et avec les problèmes militaires de manière satisfaisante".

Ainsi la décision du commissaire général du 5 octobre 1953 annonçait : "En vue d'assurer la convergence de la manœuvre stratégique et de la conduite, politique, économique, et psychologique de la guerre en Indochine, il est créé un comité de guerre. Ce comité a pour rôle ;

- d'assurer coordination étroite dans l'étude des problèmes politiques, économiques et militaires

- d'arrêter en commun te principe des décisions à prendre par le commissaire générât et te général commandant en chef dans le cadre de leurs responsabilités respectives, ainsi que les grandes lignes des suggestions à adresser au département

- de définir une attitude commune vis à vis des gouvernements des Etats associés".

La composition du comité était la suivante :

- le commissaire général, assisté du ministre adjoint

- le général commandant en chef, assisté du général adjoint.

Le secrétaire du comité de la guerre est le secrétaire permanent de la défense nationale.

Pour bien montrer la nécessité d'avoir créé ce comité, le commandant en chef écrivait le 11 octobre 1953 "après 7 ans de guerre en Indochine, il est nécessaire de créer de nouvelles instances pour coordonner notre action sur te plan politique, économique et militaire. L'utilité de nouveaux organismes n'est pas le fruit d'une simple expérience, elle est te résultat de l'évolution de ta position de ta Fronce considérée sous deux aspects :

1) te changement intervenu dans la nature des attributions du représentant de ta France, qui ne possède plus tes mêmes en matière politique et administrative

2) le fait que jusqu'à présent la guerre en Indochine n'a été qu'insuffisamment conduite, notre action dans les domaines politique et économique ne tenant qu'un très faible compte des exigences d'ordre militaire".

"C'est donc au moment où l'exercice de noire autorité devient précaire qu'il est indispensable de coordonner nos efforts pour une action tendant vers un même but. C'est à cette nécessité que correspond la création du comité de guerre. Le rôle essentiel du comité est de prendre des décisions {si besoin est après consultation du gouvernement) en vue de l'établissement d'une doctrine française de la conduite de la guerre en Indochine. Cette doctrine une fois établie, il y aura Heu d'en poursuivre t'application auprès de chacun des États associés et en particulier auprès du plus important, te Vietnam".

2 - État-major particulier et cabinet militaire.

En matière de défense nationale, le haut-commissaire disposa d1 un organisme d'étude et de préparation de ses directives et décisions, qui a porté le nom soit "d'état-major particulier" soit de "cabinet militaire".

. État-major particulier (1946-1948).

Le rôle essentiel de ce cabinet était donc d'étudier et de préparer les directives données par le commandant en chef et d'en suivre l'exécution. En outre, en liaison avec les gouvernements des États de la fédération, il préparait les instructions à donner aux commandants supérieurs pour la mise sur pied de leur armée nationale, et là aussi il en suivait l'exécution. Par ailleurs, il étudiait les mesures à prendre pour coordonner l'action des hauts commandements militaires et des grands services civils. Enfin, il assurait le secrétariat du comité militaire permanent pour l'Indochine.

Cet état-major comportait une section de défense nationale, dont les attributions étaient les transports, les communications, les transmissions et l'équipement économique. Elle travaillait en liaison avec les services civils fédéraux concernés par ces questions. La section des forces armées traitait des armées françaises et de celles des États Indochinois et travaillait en liaison avec les commandants des forces terrestres, navales et aériennes, les commissaires de la République et les gouvernements locaux.

Lorsque fut recréée en 1 948 la fonction de commandant en chef, il fallut mettre sur pied à l'intention de celui-ci un état-major chargé d'étudier les questions de défense nationale, dont se dessaisit le haut-commissaire. Sous le nom d'état-major du commandant en chef des forces armées, il fut constitué en partie par l'état-major particulier.

. Le Cabinet militaire sous le général de Lattre de Tassigny.

Lorsque le général de Lattre de Tassigny fut nommé à la tête de l'Indochine, il entendit suivre lui-même les affaires de défense nationale qu'avait délaissées le haut-commissaire précédent, davantage préoccupé par les problèmes politiques. Cette prépondérance qu'il accorde au facteur militaire explique l'importance prise par le cabinet militaire qui jusqu'à cette époque n'avait traité que des questions de protocole et de secrétariat particulier, alors que le cabinet civil avait connu une extension considérable. Ainsi la note qui le réorganisait affirmait : "dans l'état actuel du développement dz la guerre en Indochine, il apparaît bien que l'action militaire induise ou tout au moins rythme le jeu de l'action politique et de l'action diplomatique. À ce titre, on doit reconnaître que le facteur militaire dz t'ensemble des problèmes qui se posent au général d'armée, joue un rôle prépondérant [sans pour autant être exclusif} sur la politique générale à mener en Indochine comme sur la conception et l'exécution dans te temps et dans l'espace des actions qui réalisent cette politique

"Pour ces différentes raisons, on peut admettre que te cabinet militaire du général d'armée, haut-commissaire et commandant en chef, a une importance capitale en tant qu'organisme chargé dz lui rassembler et de lui préparer les décisions d'ordre général qui relèvent de ses attributions".

Enfin la note définissait l'état d'esprit dans lequel le général de Lattre entendait agir : "l'action du général d'armée est d'impulsion personnelle permanente, elle est aussi de prévision à longue échéance à son échelon".

En outre le général de Lattre estimait que son rôle consistait à informer, être renseigné et se donner les moyens d'agir, moyens qu'il convenait de chercher du côte de l'Union française, des États associés et des alliés. En fonction de cette conception des choses, son cabinet militaire prit en charge notamment les études générales et plans, les conférences interalliées et le haut conseil de l'Union française. Mais son influence s'étendait bien au-delà, puisque lui furent rattachés un certain nombre d'organismes.

. État-major particulier du ministre d'État chargé des relations avec tes États associés.

Avec la disparition du général de Lattre, le cabinet militaire perdit de son importance : un certain nombre d'organismes qui lui avaient été rattachés lui furent retirés au profit de l'état-major interarmées et des forces terrestres. Il fut supprimé à la suite de la nomination de Jean Letourneau au poste de haut-commissaire. Fut alors créé l'état-major particulier du ministre d'État chargé des relations avec les États associés. La décision ministérielle du 17 juin 1952 (M définissait ainsi sa mission : "son rôle principal est d'être pour te ministre d'État un organisme d'étude pour tous les problèmes tant militaires que de défense et de soumettre à sa signature les décisions nécessaires". Pour toutes ces questions, il servait d'organisme de liaison entre le ministre d'une part et le général commandant en chef et les États associés, d'autre part. Il servait également d'organe de coordination, de contrôle et de direction, pour les services qui dépendaient de l'ancien cabinet militaire et qui relevait désormais directement du ministre d'État.

"Il exerce en outre un rote de contrôle dz l'aspect diplomatique ou politique de certains problèmes relevant surtout dz l'autorité du général commandant en chef, oui traiter en liaison avec les services de cette haute autorité en ce qui concerne les prisonniers et internés militaires et les internés chinois".

"Il assure d'autre part la liaison avec les délégués dz ta Croix-Rouge".

. Cabinet militaire du commissaire général (1953-1955)

Lorsque Maurice Dejean succéda à Jean Letourneau, avec le nouveau titre de commissaire général, il disposa d'un cabinet militaire, qui reprit les attributions de l'état-major particulier. À son instar, il fut un organisme d'études, de coordination et de contrôle. En outre, il assurait la liaison entre le commissaire général et le commandant en chef pour les questions d'ordre politique liées aux problèmes des prisonniers et internés militaires. Enfin il était chargé des relations avec la Croix-Rouge française et internationale. Après la nomination du général Ely, il s'intitula "cabinet militaire du commissariat général et commandement en chef en Indochine" et poursuivit ses activités.

. Présentation du fonds d'archives du cabinet.

Le cabinet du général commandant en chef fut un organisme de second ordre et son fonds d'archives n'aurait que peu d'intérêt si n'y avaient été intégrés des papiers provenant d'autres origines. En effet, nous l'avons vu, la fonction de haut-commissaire ou commissaire général et celle de commandant en chef furent à plusieurs reprises exercées par la même personne. A ces occasions les archives constituées par le cabinet militaire du haut-commissaire se mêlèrent aux archives constituées par le cabinet du commandant en chef. Cet inventaire attribue ce fonds au second de ces organismes et non au premier, puisque le Service historique de l'armée de terre l'a reçu par le canal du commandement en chef, institution militaire et non par celui du haut commissariat, institution civile. Aux archives de ces cabinets, il convient d'ajouter celles de l'état-major particulier, qui à certaines époques tint le rôle de cabinet militaire auprès du haut-commissaire.

Ainsi ce fonds comprend, outre ses propres archives, celles des organismes suivants :

- état-major particulier du haut-commissaire (1947-1948),

- état-major du commandant en chef des forces armées en Extrême-Orient (1948-1950),

- cabinet militaire du haut-commissaire (1949-1951),

- cabinet du général adjoint (1952),

- cabinet militaire du secrétaire général (1952-1953),

- état-major particulier du ministère des relations avec les États associés (1953),

- cabinet militaire du commissariat général (1954-1955).

On trouve en outre dans les archives du cabinet des documents se rapportant aux organismes qui lui furent rattachés et à leurs activités :

- section documentation,

- SDECE et services spéciaux,

- services de presse, d'information et de propagande,

- inspection centrale des prisonniers, internés militaires,

- direction des internés chinois,

- office des prisonniers.

Enfin sont conservés dans les archives du cabinet des documents concernant des organismes, qui traitèrent parallèlement à celui-ci de questions identiques :

- secrétariat permanent de la défense nationale, qui dépendait du cabinet,

- conseil de défense,

- comité de guerre,

- comités franco-vietnamiens.

Ces archives, qui proviennent d'horizons différents, traitent des questions suivantes :

- la réinstallation de la France en Indochine,

- les relations avec les États associés,

- les relations interalliées dans le cadre de la défense commune de l'Extrême-Orient et les différentes conférences se rapportant à celle-ci,

- l'organisation et la conduite de la guerre,

- les accords de Genève et leur application,

- les affaires politiques, financières et économiques.

De ce fait, les archives du cabinet du général commandant en chef devraient intéresser tout chercheur qui se penche sur la conduite et l'organisation générale de la guerre menée en Indochine par le corps expéditionnaire français, ainsi que sur l'environnement Indochinois, asiatique et international de celle-ci. Toutefois, ces archives risquent de ne pas lui donner pleinement satisfaction. En effet, il n'existe pas de série homogène de renseignements portant sur toute la durée du conflit. Bien au contraire ces séries présentent de nombreuses lacunes ; il s'agit là plus d'informations parcellaires que de dossiers complets.

3 - Organismes rattachés au cabinet militaire.

Le cabinet militaire fut véritablement l'organe moteur de l'action du général de Lattre. Il était en outre chargé de contrôler l'activité d'organismes dont le rôle était considéré comme essentiel et qui lui furent de ce fait rattachés.

. Secrétariat permanent de la défense nationale ISPPW).

Le secrétariat permanent de la défense nationale, créé le 24 décembre 1950, "peut être défini comme un organe de planning et de liaison chargé d'étudier l'ensemble des questions de défense nationale ou mieux de défense de l'Union française, dont te représentant de la France en Indochine, auquel il est directement rattaché, a la responsabilité au nom du gouvernement français".

Dans le cadre de sa mission, le SPDN s'occupait plus spécialement de la mise sur pied et du développement des armées des États associés, de leur financement, de l'aide française et de l'effort de guerre de ceux-ci. Pour mener à bien les études dont il était chargé, il participait aux organes de coopération franco-indochinois : le haut comité franco-vietnamien, le haut comité militaire franco-cambodgien, les comités militaires permanents franco-vietnamiens et franco-cambodgiens, les commissions mixtes chargées du développement de l'effort de guerre au Vietnam et au Cambodge et la mission administrative française, dont la compétence s'étendait au Vietnam, au Cambodge et au Laos.

En novembre 1952, l'appellation et les attributions du secrétariat permanent de la défense nationale furent modifiées : "Afin d'assurer une coordination plus efficace entre les hautes instances françaises civiles et militaires, pour tenir compte également de la nouvelle structure de lu représentation française en Indochine, il a été décidé de modifier et d'étendre certaines des attributions dévolues au secrétariat permanent de la défense nationale. Afin de mieux marquer cette évolution dans les tâches confiées à cet organisme, il a été décidé de modifier son appellation actuelle qui ne correspond plus aux fonctions nouvelles, d'ordre plus général, qui tut sont attribuées. A compter du 1er décembre 1953, le secrétariat permanent de la défense nationale prend le nom de "secrétariat permanent de la défense (SPV)".

Le principe général qui présidait à l'activité de celui-ci était ainsi défini : "le secrétariat général de la défense est l'organisme de travail interarmées, civil et militaire, du commissariat général de France en Indochine peur tous tes problèmes de défense de l'Indochine, qui débordent du domaine purement militaire [questions présentant un aspect mixte civil et militaire)".

A ce titre, le secrétariat travaillait en liaison constante avec les gouvernements des États associés. Certaines de ses attributions découlaient de l'état d'hostilité, qualifié "d'état de rébellion interne", comme la préparation des décisions politico-militaires prises dans le cadre de la conduite de la guerre. Il était chargé en outre des mesures préparatoires à la mise sur pied de l'Union française en temps de guerre et à la défense commune en Extrême-Orient et il participait de ce fait à toutes les négociations traitant de ces questions.

En mars 1954, les attributions du secrétariat permanent de la défense étaient amputées : "les problèmes relatifs à t'assistance apportée par la fronce aux États associés pour la constitution, l'équipement et l'entretien de leurs armées nationales qui étaient traités jusqu'alors par le secrétariat permanent de la défense sont désormais du ressort de la mission d'assistance militaire, qui vient d'être créée et mise en place, en Indochine. Cependant le secrétariat permanent de la défense doit suivre tes questions intéressant te développement des armées nationales pour en tenir informé te commissaire générât de fronce".

A la suite des accords de Genève, le secrétariat permanent de la défense fut chargé de centraliser toutes les questions se rapportant à ceux-ci. Il cessa ses activités le 1er mars 1956.

Le Service historique de l'armée de terre ne détient pas le fonds d'archives du secrétariat permanent. Toutefois de nombreux documents provenant de celui-ci ou le concernant se trouvent dans les archives du cabinet du général commandant en chef.

. Section documentation.

La direction générale de la documentation en Indochine, dépendant du haut-commissaire, fut créée par instruction ministérielle du 6 février 1950. En février 1951, elle prit le nom de section documentation et fut rattachée au cabinet militaire. Elle était chargée de centraliser les renseignements de toute nature émanant des services de recherche civils et militaires, d'assurer l'information des hautes autorités et de coordonner l'activité des organismes de recherche et d'exploitation. Elle fut supprimée le 1er mars 1956. On trouve des documents de cette direction ou la concernant dans les archives du cabinet du général commandant en chef.

. Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDEC) en Indochine.

Le protocole n" 159 en date du 28 février 1947 du ministre de la France d'Outre-Mer fixait les attributions, l'organisation et le fonctionnement de ce service, qui fut rattaché au cabinet militaire par TO n° 20045 et 20046 du 5 février 1951. Il comprenait trois sections. La première, le service renseignement, recherchait les informations de toute nature sur les pays étrangers voisins des territoires indochinois. La seconde, le contre-espionnage, centralisait tous les renseignements concernant cette activité, coopérait à la répression locale de l'espionnage et pourchassait les ingérences étrangères dans tous les domaines. La troisième, le service technique des recherches, était chargée de l'exploitation générale des écoutes radioélectriques. En avril 1951, fut créé et intégré au SDECE un service action. A l'entière disposition du commandant en chef, il prenait ses ordres sous le timbre du cabinet militaire. Il était responsable, en liaison avec l'état-major interarmées et des forces terrestres, de la préparation, de l'organisation et de la mise en œuvre des éléments susceptibles de réaliser des opérations de guérilla et de sabotage et des filières d'évasion. Les archives du SDECE en Indochine ne sont pas intégrées aux fonds d'archives d'Indochine nais à celui du SDECE, sous-série 10 R.

. Service presse et information.

Créé par une note de service du commandant en chef du 7 juin 1950, ce service comprenait un bureau "presse-information" et un bureau du contrôle de l'information militaire. C'était ce dernier qui était spécialement chargé du contrôle et de la censure des informations militaires et de transmettre à la presse, en le commentant, le communiqué officiel quotidien.

Le Service historique de l'armée de terre ne détient pas les archives de cet organisme. Toutefois, on trouve des documents provenant de celui-ci ou le concernant dans les archives du cabinet du général commandant en chef et du bureau de la guerre psychologique de l'état-major interarmées et des forces terrestres (EMIFT).

. Service de propagande.

Le service de propagande créé par décision ne 1682 du cabinet militaire du 26 février 1952 était chargé de proposer au commandant en chef les thèmes de propagande et d'élaborer les idées qui pouvaient être présentées aux autorités vietnamiennes, pour leur permettre de mener une action identique.

Les archives de ce service, qui dépendit ensuite du bureau de la guerre psychologique de l'état-major interarmées et des forces terrestres (EHIFT), ont été mêlées à celles de ce bureau.

. Inspection centrale des PIM.

Rattachée au cabinet militaire par décision n° 326/CAB' Mil/ED du 20 avril 1951, cette inspection était chargée de la gestion, la surveillance, l'entretien et l'emploi des PIM. Après la disparition du général de Lattre, elle dépendit de l'état-major interarmées et des forces terrestres.

On a donné au fonds d'archives l'appellation générale de "Prisonniers internés militaires" ; il regroupe en fait les documents de tous les organismes qui ont eu en charge les PIM :

- inspection centrale des prisonniers internés militaires (1951 - avril 1954),

- inspection centrale des prisonniers de guerre et internés (avril - août 1954),

- bureau de documentation des prisonniers de guerre et internés, dépendant de la mission auprès de la commission internationale de contrôle (août 1954 - novembre 1955),

- section de documentation des prisonniers de guerre et internés, rattachée à la délégation des forces de l'Union française à la commission mixte centrale pour le Vietnam (novembre 1955 - avril 1956).

Les archives de ces organismes, qui ont été classées à la suite de celles de l'inspection des forces supplétives et des missions auprès des forces locales, concernent l'organisation et l'activité de ceux-ci, l'action psychologique et les camps. En outre, elles comprennent des dossiers concernant les internés chinois.

. Direction des internés chinois.

Dépendant par note n° 3186/FAEO/ORG du 13 décembre 1951 du général commandant en chef, cette direction fut rattachée en 1952 au cabinet militaire puis à l'état-major interarmées et des forces terrestres. Elle avait la garde et la gestion des internés chinois. Elle était amenée à régler à leur propos les questions ayant des origines ou incidences d'ordre politique ou diplomatique et en tenait informé le gouvernement.

Il n'existe pas de fonds d'archives propre à cette direction. Toutefois, on trouve de nombreux renseignements concernant les internés chinois dans d'autres fonds, notamment dans celui des "Prisonniers internés militaires".

. Office du prisonnier.

L'office du prisonnier, créé par décision n" 500 du cabinet militaire du 22 janvier 1952, était chargé de centraliser la correspondance entre les prisonniers et les familles, d'en assurer éventuellement l'acheminement, de collecter les renseignements sur les prisonniers et de les transmettre aux familles sous le timbre de la Croix-Rouge.

On trouve des archives de l'office dans le fonds du cabinet du général commandant en chef. Elles comprennent notamment des déclarations de prisonniers et des rapports médicaux.

.Autres organismes.

Dépendaient également du cabinet militaire le service social et culturel, les aumôneries et la sécurité militaire des forces terrestres. Par décision du cabinet militaire n° 1962 du 9 mars 1952, ils furent rattachés à l'état-major interarmées et des forces terrestres.

ETATS-MAJORS DU COMMANDEMENT MILITAIRE

1 Etat-major du commandement supérieur des troupes françaises en Extrême-Orient.

Au début de la guerre d'Indochine, il n'existait pas d'état-major interarmées. Chaque commandant de forces (terre, air, mer) avait son état-major. Toutefois l'état-major du commandant des forces terrestres, qui, dans le cadre des directives du haut-commissaire, pouvait disposer de l'emploi des trois forces armées, était chargé des questions interarmées. S'intitulant "état-major du commandement supérieur des troupes françaises en Extrême-Orient", il était composé d'un 1er bureau (organisation et effectifs), d'un 2e bureau (renseignements), d'un 3e bureau (opérations) et d'un 4e bureau (logistique).

2 Etat-major du commandement en chef des forces armées en Extrême-Orient (EM du CECFA puis EM0).

Après que fut recréée la fonction de commandant en chef, le 22 avril 1948, l'ordre général n° 2 fit savoir; "pour t'exerciez dz ses attributions, te générât commandant en chef dispose, à partir du 15 juin 1948, d'un état-major interarmées, dont ta composition sera indiquée ultérieurement".

En fait, cet état-major allait connaître des difficultés de naissance. En effet, les états-majors des trois forces armées n'étaient pas pressés de se voir dessaisir d'une partie de leurs attributions en sa faveur. C'était notamment le cas de l'état-major des forces terrestres, à qui avaient été confiées les questions interarmées. Dans une fiche de juin 1948, étudiant les modifications qu'il fallait apporter aux structures de ce dernier, il était déclaré que le triple aspect militaire, économique et politique de l'action adverse militait pour le maintien à l'état-major du général commandant les forces terrestres en Extrême-Orient de l'ensemble de ses attributions actuelles et de la totalité de ses moyens.

La conclusion de cette fiche était la suivante: "en raison de l'importance des effectifs de l'armée de terre, des attributions du général commandant les FTE0, les bureaux et servies de t'état-major relevant du sous-chef "opérations-renseignements" ne doivent subir aucune transformation Importante dz structure. Seuls, les éléments "prises des vues" et t'équipe photographique du service de presse et d'information peuvent être rattachés directement à l'état-major du générât commandant en chef".

Dans ces conditions, on comprend mieux que l'état-major du commandant en chef ne fut héritier que des seules attributions abandonnées par l'état-major particulier du haut-commissaire. L'état-major du commandant en chef des forces armées en Extrême-Orient, connu sous le sigle "EM du CECFA" puis "EMO" comprenait une section défense nationale et une section opérationnelle. Cette dernière avait comme attributions les opérations, les renseignements et l'organisation générale.

3 Etat-major des forces armées en Extrême-Orient (EMFAE0).

Il y avait donc non seulement conflit entre l'état-major interarmées et celui des forces terrestres, mais également entre le commandant en chef et commandant des forces terrestres. Cette situation fort préjudiciable à la conduite des opérations dura jusqu'en septembre 1949) où furent fusionnés les deux états-majors. De même, les fonctions de commandant en chef et de commandant des forces terrestres furent dorénavant exercées par le même général (A). L'état-major résultant de cette fusion s'intitula : "état-major des forces armées en Extrême-Orient" (EMFAEO).

Le bureau "défense nationale" de cet état-major était chargé des armées des Etats associés, des relations extérieures, des études économiques, des bases et garnisons, de la mobilisation, des finances et de l'aide américaine. Le bureau "organisation" était chargé de l'organisation générale, des effectifs et des affaires militaires musulmanes. Dépendant du sous-chef d'état-major "emploi", le 2e bureau était chargé du renseignement et le 3e bureau des opérations. Dépendaient du sous-chef "gestion", le 1er bureau chargé de la gestion du personnel, le 4e bureau chargé de l'équipement, du ravitaillement et des infrastructures ainsi que le bureau transport.

4 Etat-major interarmées et des forces terrestres (EMIFT)

C'est sous le général de Lattre que fut mis sur pied l'état-major interarmées, connu sous le sigle "EMIFT", qui se maintînt jusqu'à la fin de la guerre, sans de notables modifications. Si son caractère interarmées était définitivement admis, il perdit par contre ses attributions de défense nationale, que se réservait le général de Lattre. Ainsi ne lui fut pas donné le bureau "défense nationale" de l'ancien état-major du commandant en chef, dont les missions furent confiées au secrétariat permanent de la défense nationale. A la disposition du général Salan, adjoint au commandant en chef, l'état-major interarmées ne traitait plus désormais que de l'organisation, de la logistique et de la conduite des opérations du corps expéditionnaire.

Un bureau "chancellerie", appelé bureau du personnel était chargé de toutes les questions de gestion de personnel, discipline et justice militaire comprises. Un 1er bureau, qui remplaça l'ancien bureau "organisation" traitait- des questions d'organisation et d'effectifs. Les 2e et 3e bureaux, qui dépendaient du sous-chef opérations ne connurent aucune modification, de même que le 4e bureau et le bureau transports, qui dépendaient du sous-chef logistique.

. Bureau de la guerre psychologique.

En 1953 était créé un bureau de la guerre psychologique. Les missions étaient précisées par une note de service du 4 avril (1 ) : étudier et organiser les mesures susceptibles de porter atteinte aux forces morales de l'adversaire, diriger et coordonner toutes actions ayant pour but de soutenir et renforcer le moral ami, contrebattre et annihiler les résultats éventuels de la propagande adverse.

Le commandement militaire français en Indochine n'avait pas attendu 1953 pour s'intéresser à l'action et à la guerre psychologique. Dès le début de la guerre, il existait un service moral-informations chargé de renseigner le commandement sur le moral des troupes et d'interpréter l'état d'esprit des populations à l'égard du corps expéditionnaire; puis fut instaurée une section de propagande rattachée au cabinet du général commandant en chef. Enfin en 1952, il y eut une nouvelle modification, avec la création à l'échelon du haut commissariat et commandement en chef d'un service de propagande directement rattaché au cabinet militaire de cette haute autorité, qui à l'instar des services des affaires militaires musulmanes et des affaires militaires africaines, dépendit ensuite du bureau psychologique.

A la suite du cessez-le-feu, le bureau de la guerre psychologique prit la dénomination de section d'action psychologique, alors que furent supprimées ses antennes au nord et au centre Vietnam. La nouvelle section n'avait plus pour mission essentielle que le soutien du moral ami et elle n'était chargée que corollairement de "la propagande, à mener sur les populations vietnamiennes installées au contact des zones de stationnement des unités du corps expéditionnaire, afin de placer celles-ci dans te meilleur climat de sécurité possible"

Le 31 mars 1955 la section d'action psychologique était supprimée et ses missions réparties entre le service presse-informations et le 3e bureau de l'état-major du commandant en chef.

. Bureau études générales et plans (créé en 1953).

Pour permettre notamment au commandant en chef de mieux remplir ses responsabilités de commandant du théâtre d'opérations, fut créé à la fin 1953 un bureau "études générales et plans". Celui-ci était chargé de la planification générale du théâtre d'opérations en Indochine, ainsi que de la planification des opérations et de l'infrastructure.

Mission française de Liaison auprès du MAAG.

Etait rattachée à l'EMIFT la mission de liaison auprès du MAAG, par le canal duquel parvenait l'aide américaine. La mission était chargée de présenter au MAAG les demandes des armées françaises et des Etats associés, de procéder aux démarches pour la réalisation de ces demandes et d'être renseignée sur les expéditions et les arrivées du matériel.

. EMIFT/Avant.

Il existe à partir d'avril 1951 un état-major opérationnel au Tonkin du général commandant en chef (EMOTOC). Celui-ci fut dissous le 24 janvier 1952 et remplacé par l'EMIFT/Avant. Antenne de l'EMIFT à Hanoi, il ne devait en aucun cas s'immiscer dans le fonctionnement de l'état-major du général commandant les forces terrestres au nord-Vietnam. Par contre, en l'absence du commandant en chef du Tonkin, il jouait le rôle de liaison entre l'EMIFT et l'état-major du nord-Vietnam.

. Organismes rattachés à l'EMIFT en 1952.

Après la disparition du général de Lattre, l'EMIFT souhaita récupérer certains organismes que celui-ci avait rattachés à son cabinet militaire, en raison de l'intérêt qu'il portait à leur activité. L'EMIFT fit valoir que ces organismes, qui traitaient uniquement d'affaires de l'année de terre, devaient relever, comme c'était le cas pour leurs homologues de la marine et de l'aviation, de l'état-major de leur armée. Ainsi dépendirent de l'EMIFT, par décision du cabinet militaire n° 1962 du 9 mars 1952, le service social et culturel, les aumôneries et la sécurité militaire des forces terrestres. En outre, suivirent le même sort l'inspection centrale des PIM et la direction des internés chinois.

. Présentation du fonds d'archives de l'état-major interarmées et des forces terrestres (EMIFT).

Le fonds d'archives de l'EMIFT n'est pas constitué des seuls documents de cet état-major. Issu de la fusion de l'état-major des forces terrestres et de celui du commandant en chef des forces armées, il récupéra les archives de ces organismes. De ce fait, ses archives comprennent également celles du commandement supérieur des troupes françaises en Extrême-Orient (1946-1947), du commandement des forces terrestres en Extrême-Orient (1946-1949) et du commandement en chef des forces armées en Extrême-Orient (1949-1950). Par ailleurs, elles renferment aussi les archives de l'état-major du commandant en chef (1954-1955) puisque ce fut l'appellation que prit l'EMIFT en décembre 1954.

La structure de ce fonds d'archives complexe reflète l'organisation que connut l'EMIFT à la fin de la guerre d'Indochine. Les bureaux qui le composèrent produisirent des dossiers se rapportant à leurs missions et à leurs attributions.

Bureau de la guerre psychologique : celui-ci a été placé en tête du fonds, à la suite du cabinet et du GQG, dont il ne reste que quelques papiers. Créé en 1953, ce bureau traitait non seulement l'action et de guerre psychologiques, c'est-à-dire de propagande par voie de presse et de tracts, mais également du moral du corps expéditionnaire dont il suivait l'évolution; une importance particulière était accordée à l'état d'esprit des musulmans et Africains, nombreux en Indochine.

1er Bureau : les archives de ce bureau concernent l'organisation, les effectifs et le personnel du corps expéditionnaire, ainsi que des armées des Etats associés.

2e bureau : les archives de ce bureau nous renseignent principalement sur la situation politique, militaire et économique en Indochine, en Chine, en Corée et en Thaïlande. De nombreux renseignements concernent le Vietminh.

3e bureau : si le 2e bureau nous renseigne déjà sur la situation militaire, c'est surtout à travers les archives du 3e bureau que le chercheur et l'historien peuvent suivre le mieux l'évolution du conflit et les différentes opérations du corps expéditionnaire. Il convient d'accorder une mention particulière à la série "Enseignements à tirer de la campagne d'Indochine".

En effet, dès la fin des combats, le général Ely estima qu'il était nécessaire d'en tirer les leçons et demanda aux officiers ayant participé aux opérations de formuler une opinion sur les procédés et les méthodes de guerre utilisés tant par l'ennemi que par les forces de l'Union française. Les rapports de ces officiers sont conservés ici, de même qu'une partie de l'étude de synthèse élaborée à partir de ceux-ci.

On trouve également dans les archives du 3e bureau des renseignements sur l'organisation et l'instruction du corps expéditionnaire, sur les Etats Indochinois et leur armée et sur l'environnement international de la guerre.

Bureau des études générales et plans: de création tardive (1953), celui-ci a laissé très peu d'archives ; elles complètent celles du 3e bureau.

4e bureau : les archives concernent la logistique du corps expéditionnaire (approvisionnement, équipement, infrastructures, transports, budget). On y trouve également des renseignements sur la logistique des armées des Etats associés et sur l'aide fournie par la France. Enfin, de nombreux dossiers sont relatifs à l'assistance américaine.

5 Etat-major du commandant en chef (1954-1955).

A la date du 10 décembre 1954, l'EMIFT prit l'appellation d'état-major du général commandant en chef, dont le sigle fut "EMCEC". Il restait l'organe de travail interarmées. Comme à l'époque de l'EMIFT, le commandant en chef se voyait également confier les questions spécifiques à l'armée de terre.

L'état-major fut dissous le 28 avril 1956. Le général Jacquot, qui était le commandant en chef, disposa à Paris d'une mission de liaison, pour faciliter de la métropole le règlement des difficultés qui pourraient surgir après son départ et dont les autorités civiles et militaires demeurées sur place jugeraient utile de le saisir à titre personnel. Il subsista au Vietnam les organes liquidateurs des forces terrestres.

ARMES ET SERVICES

(INSPECTION, COMMANDEMENTS ET DIRECTIONS)

Les inspection, commandements et directions des armes et services (infanterie et troupes aéroportées, arme blindée, cavalerie, génie, transmissions, train, matériel, essences, santé) dépendaient soit du commandement en chef, soit des forces terrestres. Leurs archives traitent de l'organisation, des effectifs, de l'activité, des opérations, de l'instruction, de la logistique et de l'équipement de ceux-ci. Les archives de la direction du service de santé sont particulièrement riches.

FORCES LOCALES

(INSPECTION ET MISSIONS)

Inspection des forces supplétives.

L'inspection des forces supplétives dépendait du commandement des forces terrestres du sud-Vietnam. En raison de l'importance de cet organisme et de l'intérêt que présentent ses documents, ses archives ont été placées à la suite des inspection, commandements et directions des armes et services et non dans le fonds d'archives des forces terrestres du Sud-Vietnam. Elles comprennent de nombreux renseignements sur le statut, l'organisation, l'emploi et le stationnement des forces supplétives ainsi que sur la situation politico-militaire dans les territoires où elles se trouvaient.

Missions auprès des forces armées locales.

Les missions de liaison et de contrôle auprès des forces armées locales (Caodaistes, Hoa Hao, Binh Xuyen, unités mobiles de la chrétienté) dépendaient des forces supplétives, à l'exception de la mission de liaison auprès des forces armées nationalistes Binh Xuyen, qui fut rattachée au commandement en chef des forces terrestres, aériennes et navales en Indochine puis au commandement des forces terrestres du sud-Vietnam. Les archives de ces missions nous renseignent sur l'organisation, les effectifs et l'activité des forces locales et sectes.

COMMANDEMENTS TERRITORIAUX

L'organisation et le découpage de l'Indochine en commandements territoriaux ont été modifiés plusieurs fois de 1945 à 1955. L'étude de cette évolution n'est pas faite ici, car elle fait l'objet d'autres publications du Service historique de l'armée de terre. De ce fait, le lecteur ne trouvera ci-dessous que la simple présentation des fonds d'archives, dont l'ordonnancement reflète grosso modo l'organisation territoriale existant à la fin de la guerre.

Ces fonds d'archives sont les suivants :

- pour le Vietnam : . forces terrestres du Nord-Vietnam,

. forces terrestres du Centre-Vietnam,

. forces terrestres des plateaux montagnards puis des plateaux du centre,

. forces terrestres du Sud-Vietnam.

- pour le Cambodge : forces terrestres du Cambodge.

- pour le Laos : forces terrestres du Laos.

Ces fonds d'archives sont structurés de la manière suivante : un état-major (cabinet, 1er bureau-organisation, 2ème bureau-renseignements, 3ème bureau-opérations, 4ème bureau-logistique, des commandements ou directions d'armes et services, des zones, des secteurs et des sous-secteurs.

Ces fonds d'archives, et c'est précisément là leur intérêt, donnent une vision régionale et locale de la guerre d'Indochine. Plus on descend dans la hiérarchie territoriale (zones, secteurs, sous-secteurs), plus on se trouve sur le terrain. Alors que les papiers du cabinet du commandant en chef et des grands états-majors renferment des synthèses et des rapports d'ensemble, ici les renseignements sont plus ponctuels et précis.

Les archives des commandements territoriaux concernent principalement l'organisation et la logistique des forces terrestres françaises, les supplétifs, les partisans, les prisonniers internés militaires, les déserteurs, la défense territoriale, la pacification, l'action psychologique, les opérations, la situation politique, économique et militaire dans les territoires et l'application du cessez-le-feu après les accords de Genève. On trouve évidemment de nombreux renseignements sur l'organisation et l'activité du Vietminh, mais également, quoique en quantité moindre, sur le Vietnam nationaliste et les sectes et groupements confessionnels.

ORGANISMES DE COORDINATION ET DE LIAISON AVEC LES ETATS ASSOCIES

Ces organismes comprenaient : le ministère chargé des relations avec les Etats associés, les comités militaires et les missions militaires.

Ministère chargé des relations avec les Etats associés.

Bien que le Service historique de l'armée de terre ne détienne pas les archives de ce ministère, il n'est pas inutile d'évoquer ici ses attributions en raison même de l'influence qu'elles eurent sur le cours des affaires indochinoises. En outre, Jean Letourneau, d'avril 1952 à juillet 1953, fut à la fois ministre d'Etat chargé des relations avec les Etats associés et haut-commissaire. Créé à la suite de la reconnaissance par la France de l'indépendance du Vietnam, du Laos et du Cambodge, ce ministère eut en charge l'Indochine qui était jusqu'à présent du ressort de celui de la France d'Outre-Mer. Jean Letourneau, qui occupait ce poste, fut titulaire du nouveau portefeuille. Le décret n° 50-1093 du 11 septembre 1950 fixait ses attributions :

«le ministre chargé du relations avec tes Etats associes assure les rapports avec tes Etats associés dans le cadre du accords et conventions passés avec ces Etats. Il est responsable de la haute administration des services d'intérêt français dans les Etats associés. Le représentant de ta France auprès de ces Etats est placé sous son autorité."

Dans le cadre des directives du gouvernement, il exerçait en matière militaire, en ce qui concernait les relations avec les Etats associés, les attributions dévolues jusqu'ici au ministre de la France d'Outre-Mer.

Le décret n° 50-1506 du 4 décembre 1950 (1} précisait que sous la haute autorité du président du conseil, le ministre assurait la direction des forces armées affectées à la défense de l'Indochine et la coordination de la mise en oeuvre de cette défense. A cet effet, il disposait d'un pouvoir de décision, à charge de tenir informé le président du conseil et de rester dans le cadre de la politique générale du gouvernement. En outre, dans la mesure où sa mission le requérait, Il avait à sa disposition le secrétariat général permanent de la défense nationale.

Haut comité franco-vietnamien.

Créé le 30 décembre 1949, le haut comité était composé d'une part du haut-commissaire de France et du commandant en chef et d'autre part du chef de l'Etat et du ministre de la défense nationale du Vietnam. Il était chargé de l'élaboration de directives concernant le rétablissement de l'ordre et la conduite générale des opérations sur le territoire du Vietnam et de la proclamation de l'état de siège.

Comité militaire permanent franco - vietnamien.

Créé à la suite des accords du 8 mars 1949 il était chargé notamment de préparer un plan de défense commune et de coopération militaire entre l'armée vietnamienne et l'armée de l'Union française. Il assurait normalement en temps de paix, la liaison permanente entre ces deux, armées . En temps de guerre, la totalité des moyens de défense étant mis en commun, il constituait le noyau d'un état-major mixte, dont le commandement devait être assuré par un officier général français, chargé du théâtre d'opérations intéressant principalement le Vietnam et dont l'un des chefs d'état-major devait être vietnamien.

Haut comité militaire franco-cambodgien.

L'article 20 des accords militaires provisoires franco-cambodgiens du 15 juin 1950 déclarait : "il eût créé an haut comité militaire composé du haut-commissaire, de France, du commandant en chef, du commissaire de la République française et du commandant des forces du Cambodge d'une part, de sa majesté le roi du Cambodge, du président du conseil des ministres r du ministre de ta défense nationale du Cambodge et du chef d'état-major particulier du commandant en chef des forces armées nationales d'autre part". Ce haut comité était chargé de la conduite générale à adopter pour le rétablissement de l'ordre et de la proclamation de l'état de siège.

Comité militaire permanent franco-cambodgien.

L'article 21 de la convention militaire franco-cambodgienne du 31 décembre 1949 affirmait : "pour assurer une action commune immédiatement efficace en temps de guerre, un comité militaire permanent, composé d'officiers d'état-major des deux armées, est constitué dés te temps de paix, pour préparer un plan de défense commune et de coopération militaire entre formée cambodgienne et formée de l'Union française. En temps de paix, il assure normalement ta liaison permanente entre ces deux armées. Composé d'officiers désignés par les commandants des deux armées, ce comité est subordonné directement à ces deux autorités, de qui il reçoit ses directives. Il est habilité à appeler en consultation tous experts civils ou militaires, de nationalité française ou cambodgienne, qu'il estime nécessaire".

Comité permanent de défense franco-laotien

"Pour assurer une action immédiatement efficace en temps de guerre, un plan de défense commune et de coopération militaire de l'armée laotienne et de l'armée de l'Union française est étudié et arrêté dés te temps de paix. Le commandement de l'armée de l'Union française assure suivant les directives du gouvernement de la République française et avec l'assistance du comité permanent de défense franco-laotien, objet de l'article 22, l'élaboration de ce plan et la préparation des mesures destinées à passer de l'organisation du temps de paix à. l'organisation du temps de guerre".

"... Ce comité a ta composition suivante : le représentant de la France au Laos, un représentant du gouvernement royal du Laos, te commandement des forces de l'Union française stationnées au Laos, te commandement de t'armée laotienne, le chef de ta mission militaire française près du gouvernement royal". Des experts français ou laotiens pouvaient être appelés en consultation.

En 1953, le comité permanent de défense, qui s'est intitulé haut comité de défense, se transforma en haut comité militaire franco-laotien, chargé des questions d'ordre général. Il était composé pour le Laos du prince héritier, du président du conseil, du ministre de la défense et pour la France du commissaire général, du général commandant en chef et du général commandant les forces terrestres au Laos. En même temps était créé un comité militaire permanent franco-laotien.

Comité militaire permanent franco-laotien.

Le comité militaire permanent était habilité à étudier les questions suivantes ; la préparation des plans de mobilisation, l'établissement du programme des travaux à exécuter dans le cadre du plan de défense commune, l'harmonisation et la coopération entre les armées laotienne et de l'Union française, la coordination de la propagande et de l'information militaire, les échanges de renseignements et "d'une façon générale ta satisfaction de tous, les besoins d'aide réciproque que se doivent les forces des deux armées sur le territoire lao"

Mission française d'assistance militaire.

Créée en décembre 1953, cette mission est "l'organisme unique chargé de traiter avec les Etats associés... tous les problèmes que pose l'assistance apportée par la France pour la constitution, l'équipement et l'entretien de leur armée nationale. La mission d'assistance est sous la haute autorité du commissaire général de France en Indochine. Elle est mise par lui à la disposition du général commandant en chef sous tes ordres directs duquel est placé l'officier général, chef de mission. Le chef de la mission d'assistance est représenté au sein du comité militaire permanent institué auprès de chaque état ou de tout organisme en tenant lieu".

La mission fut directement rattachée au cabinet militaire du commissaire général par l'instruction n° 2624/CAB/MIL du 15 juin 1954.

Le général, chef de la mission, avait sous son autorité les missions militaires françaises auprès des gouvernements vietnamien, cambodgien et laotien.

Les archives de cette mission nous renseignent non seulement sur l'aide de la France aux Etats associés, mais également sur l'organisation, les opérations et l'instruction de leurs armées.

Missions militaires auprès des Gouvernements du Cambodge, du Laos et du Vietnam.

Les missions militaires ont été instituées par les conventions militaires de 1949 passées entre la France et les Etats indochinois. Le gouvernement français s'engageait à mettre à la disposition des gouvernements nationaux les personnels militaires français, instructeurs et techniciens, dont ils auraient besoin pour faciliter l'instruction générale et technique de leurs armées. Par des textes ultérieurs, la France s'était en outre engagée à fournir provisoirement des personnels militaires pour l'encadrement des armées nationales.

ORGANISMES PARISIENS CHARGES SPECIALEMENT DES AFFAIRES INDOCHINOISES

Il appartient à l'historien de déterminer si le sort de la guerre d'Indochine s'est joué en France ou dans la péninsule. Cependant, il convient de faire remarquer qu'en raison même de la grande distance qui sépare l'une de l'autre, les autorités françaises d'Indochine et notamment le haut-commissaire, bénéficièrent d'une marge d'initiative considérable. Celui-ci n'en était pas pour autant totalement indépendant du gouvernement français, ni coupé de la métropole. En effet, il releva successivement du chef du gouvernement provisoire (1945-1946), du président du conseil (1946-1947), du ministre de la France d'Outre-Mer (1947-1950) puis du ministre chargé de relations avec les Etats associés (de 1950 à la fin de la guerre).

En outre, certains organismes furent spécialement chargés de suivre les affaires indochinoises. Lors de la réinstallation dans la péninsule et à la fin de la guerre d'Indochine existèrent des comités, qui au niveau gouvernemental, furent chargés de la coordination de l'action. Par ailleurs, si les forces armées en Indochine dépendaient pour la conduite des opérations et pour les questions d'organisation générale de l'état-major général de la défense nationale puis du secrétariat général de la défense nationale, les forces terrestres dépendaient, pour d'autres questions, de la direction des affaires militaires du ministère de la France d'Outre-Mer puis du ministère des relations avec les Etats associés.

Comité de l'Indochine (créé en 1945).

En février 1945était créé le comité de l'Indochine. Il se substituait au comité d'action sur l'Indochine et était "chargé d'organiser ta participation française sous toutes ses formes à la libération du territoire Indochinois et d'y préparer le rétablissement de la souveraineté française". Il était présidé par le chef du gouvernement et en son absence par le ministre des colonies . Le haut-commissaire correspondait avec le gouvernement soit sous le timbre de ce comité, soit sous celui de l'état-major général de la défense nationale.

Comité de l'Indochine (créé en 1954).

La gravité de la situation après la chute de Dien Bien Phu entraîna la création, sous l'autorité du président du conseil, d'un comité de l'Indochine, chargé d'assurer la conduite de la guerre et de donner des directives au commandant en chef. L'état-major des forces armées (EMFA) était l'organe de travail de ce comité pour les questions militaires.

. Section Indochine de l'état-major des forces armées

La décision ministérielle du 17 mai 1954 annonçait également : "afin d'établir une liaison plus étroite entre les organismes chargés de la préparation des décisions et ceux chargés de. leur exécution, tout en évitant les doubles emplois, il est créé auprès du secrétariat d'Etat aux Etats associés une section de l'Etat, qui prend le nom de section Indochine". Les missions de celle-ci était la préparation finale des décisions concernant la conduite de la guerre et l'information des départements ministériels et des états-majors. Enfin, conjointement avec le secrétariat général permanent de défense nationale, elle assurait le secrétariat du comité de l'Indochine.

Direction des affaires militaires.

Faisant suite à l'ancienne direction des services militaires, instituée au ministère des colonies en 1908, la direction des affaires militaires fut régie par l'arrêté du 30 décembre 1944- En 1950, lors de la création du ministère d'Etat chargé des relations avec les Etats associés, cette direction qui appartenait au ministère de la France d'Outre-Mer mit à la disposition du nouveau département ministériel, ses services et échelons administratifs spécialisés concernant l'Indochine.

Cette direction était chargée de la gestion et de l'entretien financier (matériel, bâtiments, intendance) des forces terrestres. Toutefois, à la différence de ce qui se passait pour les autres territoires d'Outre-Mer, elle n'avait pas l'emploi de celles-ci. En effet, l'Indochine qui était théâtre d'opérations extérieures, relevait à ce titre de la présidence du conseil, pour la conduite des opérations.

Les forces maritimes et aériennes échappaient à cette direction, puisque leur gestion administrative et financière relevait de leurs ministères.

En 1954, la direction des affaires militaires fut transférée au ministère de la défense nationale. En effet, il parut "souhaitable de charger le ministre de la défense nationale d'assurer, à compter du 1er janvier 1954, l'administration et la gestion financière des forces terrestres stationnées en Indochine, afin d'obtenir un allègement des moyens nécessaires à leur administration et plus particulièrement, en confiant aux mêmes services la gestion des crédits des forces terrestres, qu'elles soient stationnées en Extrême-Orient ou en Europe, dz réaliser des économies, notamment en ce qui concerne tes marchés de fourniture et l'exécution des programmes d'armement.Cette réforme n'a pas poux objet de modifier tes règles d'emploi des forces terrestres servant en Indochine Elles relèvent toujours du président du conseil et du secrétaire 'd'Etat chargé des relations avec les Etats associés, qui demeurent responsables de leur emploi".

COMMISSIONS MIXTES ET INTERNATIONALES POUR LA SURVEILLANCE ET LE CONTROLE DE L'APPLICATION DES ACCORDS DE GENEVE

Si la responsabilité de l'exécution des accords sur la cessation des hostilités revenait aux parties qui venaient précisément d'arrêter les combats, la surveillance et le contrôle de cette exécution étaient assurés par des commissions internationales. En outre, pour faciliter l'application des clauses qui comportaient une action conjointe des deux parties, étaient instituées des commission mixtes.

Les commissions internationales pour le Vietnam, le Cambodge et le Laos étaient composés de représentants du Canada, de l'Inde et de la Pologne et présidées par le représentant de l'Inde. Elles créaient des équipes d'inspection fixes et mobiles, composées d'un nombre égal d'officiers désignés par chacun de ces Etats.

Les commissions mixtes pour le Vietnam, le Cambodge et le Laos étaient composées d'un nombre égal de représentants des deux parties. Elles créaient des groupes mixtes composés d'un nombre égal d'officiers des deux parties.

S'il y avait désaccord au sein d'une commission mixte, la commission internationale correspondante était saisie du différend. Les recommandations de cette dernière étaient adoptées à la majorité des voix. Et si l'une des parties refusait de les appliquer, les membres de la conférence de Genève en étaient alors saisis.

Mission française de Liaison auprès de la commission de contrôle pour le Vietnam.

"Les accords sur ta cessation des hostilités au Vietnam ont prévu que les forces de l'Union française apporteraient l'aide nécessaire à ta commission internationale de contrôle. En conséquence, une mission française de liaison est créée auprès de cette commission",

Délégation du haut commandement des forces de l'Union française à la commission mixte centrale le Vietnam.

"Les accords de Genève, la commission mixte centrale était composée de deux délégations : l'une dite du haut commandement de l'armée populaire vietnamienne, l'autre du haut commandement de l'Union française ; chacune d'elle était présidée par un général. La position des officiers vietnamiens au sein de la délégation de l'Union française ne fut jamais nettement définie. Le gouvernement national avait vis-à-vis des accords de Genève une attitude d'observateur plus que de négociateur. Toutefois, son action qui fut d'abord nulle devint ensuite de plus en plus active.

Les attributions de base de la commission mixte centrale étaient la réalisation du cessez-le-feu, le regroupement des forces armées des deux parties et le transfert corrélatif des territoires, le respect des lignes de démarcation et des secteurs démilitarisés. En outre, la commission était chargée de la recherche des sépultures, du contrôle des entrées et sorties de personnel et de matériel aux limites des deux zones et de la surveillance de l'exécution de l'article concernant les prisonniers et internés.

Sous-commissions mixtes territoriales (Vietnam).

La décision de Trung-Gia prévoyait la création de quatre sous-commissions mixtes territoriales (Nord-Vietnam, Centre-Vietnam, sud du Centre-Vietnam, et plateaux Sud-Vietnam), destinées à contrôler la réalisation du cessez-le-feu et le regroupement des forces armées des deux parties. Ces sous-commissions comprenaient les représentants des deux commandements des territoires intéressés. Leur tâche expirait à la fin des délais de transfert fixés à 300 Jours maximum. Seule survécut la sous-commission du Centre-Vietnam, qui se transforma en sous-commission de la zone démilitarisée à la suite de la décision commune n° 33 du 2 juillet 1955.

Mission française à ta commission mixte centrale (Vietnam).

La dissolution du haut commandement de l'Union française en avril 1956 entraîna ipso facto la suppression de la délégation de celui-ci à la commission mixte centrale. Les co-présidents de la conférence de Genève demandèrent en mai 1956 au gouvernement français d'offrir ses bons offices afin de permettre la poursuite de l'application des clauses des accords de 1954 et des travaux de la commission. La France accepta et c'est ainsi que fut créée la mission française à la commission mixte centrale. Toutefois, cette puissance n'étant plus impliquée dans l'exécution des accords de cessez-le-feu, son rôle devait se limiter à une action de bonne volonté. Ainsi était-il spécifié que les responsabilités de cette mission ne pouvaient. se comparer à celles de l'ancienne délégation de l'Union française. Elles se borneraient à la transmission des messages verbaux ou écrits que pouvaient échanger entre eux les gouvernements du Nord et du Sud-Vietnam et au respect du statut de la zone démilitarisée et de la ligne de démarcation.

Délégation de l'Union française et de l'armée nationale lac à la commission mixte d'armistice au Laos.

La commission mixte était composée de trois représentants des forces des volontaires populaires vietnamiens, de trois représentants des unités combattantes du Pathet-Lao, de trois représentants des forces de l'Union française et de trois représentants de l'armée nationale lao. Il existait des sous-commissions mixtes du Moyen et du Bas-Laos.

La commission mixte était l'organe principal chargé de garantir l'exécution des clauses des accords de Genève. Elle travaillait en parallèle avec la commission internationale au Laos, mais sans dépendre d'elle.

Mission française de liaison auprès de la commission internat conale de surveillance et de contrôle au Laos.

La mission de liaison a été créée par le haut commandement des forces de l'Union française pour lui permettre d'accorder toute la protection, toute l'aide et toute la coopération possible à la commission internationale dans l'accomplissement des fonctions et des tâches qui lui sont assignées par les accords de Genève.

Les accords de Genève prévoyaient également pour le Cambodge une commission mixte et une commission internationale pour la surveillance et le contrôle de l'application de ceux-ci.

Présentation des fonds d'archiver de ces délégations et mission

Les archives des délégations de l'Union française aux commissions mixtes au Vietnam et au Laos et de la mission française auprès de la commission internationale au Laos concernent l'activité de ces organismes ; elles contiennent également de nombreux procès-verbaux de séances. On y trouve en outre des renseignements sur la zone démilitarisée, les transferts, les incidents avec l'armée populaire du Vietnam, la violation des accords et les prisonniers de guerre.

2ème PARTIE DE L'INTRODUCTION 1945 - 1956 LA GUERRE D'INDOCHINE

GUIDE DES THEMES DE RECHERCHE

Les institutions françaises qui eurent en charge les affaires d'Indochine de 1945 à 1954 furent nombreuses ; et 11 est arrivé que plusieurs d'entre elles aient à traiter chacune à leur niveau de questions identiques. Aussi trouve-t-on dans des fonds d'archives différents, des dossiers et documents ayant le même objet. Pour quelques-uns de ces objets, qui constituent des thèmes de recherche importants, il est indiqué ici la liste des principaux organismes dont les archives contiennent des renseignements les concernant. Cela permettra au lecteur qui s'intéresse à l'un de ces thèmes, d'être orienté. Toutefois, pour un thème plus précis ou ponctuel, on devra avoir recours à l'index qui se situe à la fin du tome II de l'inventaire.

Organisation, personnel et effectifs du corps expéditionnaire :

. cabinet du général commandant en chef,

1er, 3e et 4e bureaux de l'EMIFT,

. inspections, commandements et directions des armes et services,

. cabinet, 1er et 3e bureaux des forces terrestres du Bord-Vietnam, zone de Halphong (3e bureau),

1er et 3e bureaux des forces terrestres du Centre-Vietnam,

1er bureau des forces terrestres des plateaux montagnards,

1er et 3e bureaux des forces terrestres du Sud-Vietnam,

1er bureau des forces terrestres au Cambodge,

1er et 3e bureaux des forces terrestres au Laos.

Situation en Indochine :

. cabinet du général commandant en chef,

2e et 3e bureaux de l'EMIFT,

2e bureau des forces terrestres du Nord-Vietnam, .

cabinet et 2e bureau des forces terrestres du Centre-Vietnam,

. 2e bureau des forces terrestres des plateaux montagnards,

. cabinet et 2e bureau des forces terrestres du Sud-Vietnam, zone est et zone ouest (2e bureau),

. 2e bureau des forces terrestres au Cambodge et au Laos.

Organisation et activité du Vietminh :

. 2e bureau de l'EMIFT,

. 2e et 3e bureaux des forces terrestres du Nord-Vietnam, secteur de Bac-Ninh, zone côtière, zone de Haîphong (2e bureau), secteur autonome d'Hanoi,

. 2e bureau des forces terrestres du Centre-Vietnam, secteurs de Hué, de Tourane, de Quang Tri,

. 2e bureau des forces terrestres des plateaux montagnards,

. 2e bureau des forces terrestres du Sud-Vietnam, zone ouest (2e bureau), sous-secteur autonome de Cantho, secteur et sous-secteur de Long Xuyen, secteur de Saïgon-Cholon (2e bureau), sous-secteurs de Bien Hoa et d'An Loc, secteur de Thudaumot (2e bureau),

. 2e bureau des forces terrestres au Cambodge et au Laos.

Situation en Asie :

. cabinet du général commandant en chef,

. 2e bureau de l'EMIFT.

Relations de la France avec Ies Etats associés. Mise sur pied de leurs armées.

. cabinet du général commandant en chef,

. 3e bureau (aspect militaire), bureau des études générales et des plans et 4e bureau de l'EMIFT,

. 2e bureau des forces terrestres au Cambodge,

. cabinet des forces terrestres au Laos,

. mission française d'assistance militaire auprès des Etats associés,

. mission française de liaison auprès de la commission internationale de surveillance et de contrôle du Laos.

Relations de la France avec ses alliés, notamment avec les Etats-Unis :

. cabinet du général commandant en chef,

. 3e et 4e bureaux de l'EMIFT.

Opérations et situation militaire :

. 3e bureau de l'EMIFT,

. inspections, commandements et directions des armes et services,

. cabinet et 3e bureau des forces terrestres du Mord-Vietnam, commandements de l'artillerie, du train, du génie et des transmissions, directions du matériel et de la santé, zones nord et sud, secteur de Phuc Yen, zone de Halphong (3e bureau), zone ouest, secteur autonome de Hanoi,

. 3e bureau des forces terrestres du Centre-Vietnam, commandement du génie, secteur de Quang Tri,

. 3e bureau des forces terrestres des plateaux montagnards,

. 2e et 3e bureaux des forces terrestres du Sud-Vietnam, zones Ouest et Centre (3e bureaux) secteur de Saïgon-Cholon (3e bureau), zone est (2e et 3e bureaux), secteur de Bien Hoa (3e bureau), sous-secteurs d'An Loc et de Baria, secteur de Thudaumot (3e bureau),

. 3e bureaux des forces terrestres du Cambodge et du Laos.

Action et guerre psychologiques, pacification.

. cabinet du général commandant en chef,

. bureau de la guerre psychologique et 3e bureau de l'EMIFT,

. 2e et 3e bureaux des forces terrestres du Nord-Vietnam, zone nord (5e bureau), zone de Halphong (2e bureau),

. cabinet et 2e bureau des forces terrestres du Centre-Vietnam,

. 2e bureau des forces terrestres du Sud-Vietnam, zone est (2e bureau), secteur de Thudaumot (2e bureau).

Dernière modification le 22/12/2021