Rechercher un matériel

La consultation d’ouvrages en bibliothèque constitue l’étape préalable qui permet une identification précise du matériel et de ses dates de construction. Un matériel d’armement utilisé dans les armées, qu’il soit terrestre, naval ou aérien, est avant tout la traduction concrète et physique d’une procédure administrative souvent longue et complexe : le programme d’armement.

Pour la période de l’Ancien Régime jusqu’à 1850 environ, tous les fonds du SHD relatifs aux matériels sont conservés à Vincennes et dans les antennes des ports pour la Marine. Quelques pièces éparses sont conservées à Châtellerault. À partir de 1850, la répartition se fait plus large : les fonds concernant les aspects « spécifications techniques » et « acquisitions » sont à rechercher à Vincennes ; ceux liés aux fabrications et aux essais d’armement, se répartissent entre Châtellerault et Vincennes. Pour la période postérieure à la Seconde Guerre mondiale, les archives liées aux « politiques d’armement » se répartissent entre Vincennes et Châtellerault. À compter de la création de la DGA (1961), les dossiers liés aux programmes d’armement, tant administratifs que techniques, sont à rechercher plutôt à Châtellerault. 

Détail d’un programme d’armement 

La définition des spécifications

L’armée fait le souhait d’acquérir tel ou tel type de matériel correspondant à un besoin. Cette action, parfois très politique, peut relever des cabinets ministériels, des états-majors, des grandes directions (direction de l’artillerie) ou plus récemment du cabinet du DGA. Elle fait l’objet de spécifications, de rapports, de cahiers des charges, etc. pilotés par des services experts (comme le comité de l’artillerie, le service de programme aéronautique, la section technique de l’armée de Terre, etc.). Les constructeurs tant étatiques que privés font des propositions (ex. : AMX-APX, service technique des constructions et armes navales) suivies par la réalisation de prototypes. 

Les essais

Ces prototypes font l’objet d’essais par des centres spécialisés (ex. commission d’expériences de Gâvres pour l’artillerie navale ; établissement technique d’Angers pour la mobilité des matériels terrestres ; centre d’essais en vol, etc.) qui produisent des rapports d’essais, des procès-verbaux, etc. 

La commande

Après l’acceptation du matériel vient la commande, faisant l’objet de marchés, de bons de commande, etc. Ces documents sont produits soit par les services de programme, soit par des services administratifs (ex. : service central des commandes). 

La fabrication

Les constructeurs tant étatiques que privés (la manufacture d’armes de Châtellerault, la direction des constructions navales de Lorient ou autre) conduisent la production en s’appuyant sur des plans, des gammes et tout document technique. 

La livraison

Les matériels de série reçus sont essayés dans des commissions de réception liées aux centres d’essais avant leur fourniture aux armées. De nouveaux rapports et procès-verbaux sont produits. La documentation technique liée au matériel est réalisée par le constructeur et les services techniques (ex. : section technique de l’armée de Terre). 

L’utilisation

Pour ce qui concerne l’affectation et l’utilisation opérationnelle des matériels d’armement, les recherches sont à effectuer à Vincennes dans les fonds propres à chaque armée. 

L’entretien, l’amélioration et les refontes

Les matériels en service sont maintenus en condition opérationnelle par des services d’entretien (comme les ateliers industriels de l’aéronautique ou la DCN de Papeete). Les matériels les plus importants ont parfois des dossiers propres à chacun d’eux (avions, navires). Certains matériels font l’objet d’améliorations durant leur durée de service et refont ainsi une boucle complète.

 

À noter

Envisager les recherches sur un matériel tout au long du programme d’armement auquel il correspond (de la décision de sa construction jusqu’à son utilisation par les unités, en passant par sa conception, ses essais, etc.) permet de balayer tous les fonds susceptibles de contenir des informations sur ce matériel.

Des fonds d’archives, sources d’inspiration pour les maquettistes

Les archives techniques permettent à de nombreux passionnés de réaliser des maquettes, de concevoir des jeux vidéo, ou de restaurer des véhicules, des canons ou des armes.

Artillerie et armement terrestre

Conservées à Vincennes dans la sous-série GR W, les archives du comité de l’Artillerie représentent une source primordiale pour l’histoire des techniques et du corps de l’artillerie en France depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu’en 1940. À Châtellerault, les lecteurs s’orienteront vers la série AA H (Armement terrestre), la sous-série AA 3F (Recherche, expertise et essais) et la série AA C (Dossiers techniques des services de la qualité par exemple). Regardons l’exemple du célèbre canon de 75 mm modèle 1897. Sa conception, sa définition et tous les échanges tant doctrinaux que politiques sont à rechercher à Vincennes dans la série GR W. Les aspects liés aux fabrications et essais sont à rechercher à Châtellerault dans les séries AA F et AA H. Les deux sites offrent des sources sur les évolutions successives (montage sur roue, extension à la lutte antichar...).

Domaine naval

Les archives concernant la marine à voile sont à rechercher exclusivement à Vincennes et dans ses antennes portuaires. Les fonds châtelleraudais débutent seulement avec la marine à vapeur (vers 1870).

Les documents relatifs à la construction et à l’entretien des bâtiments de la marine de guerre sont à chercher en premier lieu dans les fonds de la direction des constructions navales :

À Vincennes

Archives de la Marine, série MV DD 1 de 1790 à 1963 (deux instruments de recherche guideront infailliblement les recherches : le Catalogue des plans de bâtiments à voiles conservés dans les archives de la Marine, et l’Inventaire méthodique des plans de bâtiments (XIXe-XXe siècle) qui détaille la sous-série MV 8DD1)

À Châtellerault

Série I à partir des années 1870 jusqu’à nos jours

À Cherbourg, Brest, Lorient, Rochefort et Toulon

Série G de 1677 aux années 1970, ainsi que dans le fonds Félix-Amiot (Constructions mécaniques de Normandie) à Cherbourg.

 

Domaine aéronautique

Les recherches portant sur un aéronef ou un équipement aéronautique sont à réaliser dans les fonds : 

  • des archives de l’Air à Vincennes (série AI E, Archives de l’administration centrale depuis 1945, et série K, Documentation , avec, notamment, des notices techniques de nombreux appareils) ;
  • des constructions aéronautiques de Châtellerault : série AI K depuis 1960 ; série AI J (Fonds privés) et sous série AI 5F (Archives des centres d’essais en vol).

On consultera également le fonds Renard (DE 2012 ZL 243) qui détient un important panel de travaux menés au sein de l’établissement central d’aérostation militaire de Chalais-Meudon. Figurent ainsi de nombreuses notes techniques, qui retracent l’avancée des expériences et des essais, ainsi que des plans et des schémas.
 

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Dernière modification le 26/11/2019
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