Votre ancêtre... était une femme

Jusqu’au XXe siècle, l’armée semble a priori être une affaire d’hommes. En réalité, de nombreuses femmes ont partagé la vie militaire et vous trouverez au Service historique de la Défense de nombreux dossiers sur des femmes militaires ainsi que les traces de milliers de veuves ou mères de militaires. Le SHD offre ainsi une mine d’informations sur les femmes, qui sont de plus en plus concernées par la chose militaire à partir de la
Première Guerre mondiale.
 

Pour la période de l’Ancien Régime, le SHD conserve un carton dans la sous-série GR Ya regroupant curieusement les femmes militaires et les filles débauchées (GR Ya 507). Il s’agit essentiellement d’espionnes ou de femmes enrôlées dans les troupes sous une fausse identité. On y trouve notamment le dossier individuel de Charles d’Éon de Beaumont, le célèbre chevalier d’Éon.
Quelques dossiers de femmes militaires et de cantinières, pour la période 1791-1900, sont conservés dans la sous-série GR Yi.
Parmi les rares femmes militaires (GR 1Yi), on retrouve des grades et des fonctions très variés allant de la capitaine à la femme de troupe en passant par la concierge. Les cantinières sont habituellement femmes de cantinier et n’étaient pas militaires, mais autorisées par le biais d’une convention à exercer leurs activités auprès des troupes. Civiles, elles ne sont donc pas prises en compte dans les effectifs, même si le SHD détient un échantillon de dossiers de cantinières, vivandières et blanchisseuses dans la sous-série GR 2Yi. Elles peuvent aussi être mentionnées dans les lois et décrets, par exemple à l’occasion d’une décoration.

Pendant la Grande Guerre, les infirmières et ambulancières n’étaient pas militaires, leurs dossiers sont donc à rechercher dans les archives de la Croix-Rouge internationale. De nombreuses femmes sont mobilisées dans les usines, notamment d’armement. On trouvera aussi des dossiers de femmes dans la sous-série GR 6Yg se rapportant au personnel civil du ministère de 1854 à 1947.
Ce n’est qu’à partir de la Seconde Guerre mondiale que les femmes acquièrent un véritable statut notamment en raison de leur rôle au sein de la Résistance. Les dossiers des femmes sont à rechercher dans les mêmes séries d’archives que ceux des hommes même si elles n’ont pas un statut militaire à part entière. L’armée de l’Air conserve par exemple les dossiers des premiers personnels féminins avant 1973 et des sous-officiers honoraires (sous-série AI 1P).

Les dossiers des sections sanitaires automobiles féminines, section sanitaire automobile féminine de France et comité argentin (section automobile de l’union des femmes de France), association des dames françaises, section féminine motorisée se trouvent dans la sous-série GR 34N, articles 971-973 (1939-1940). Au début des années 1950, un corps de personnel féminin est créé dans chaque armée et vingt ans plus tard, en 1972, l’École polytechnique ouvre enfin ses portes aux femmes. C’est la loi du 13 juillet 1972 qui offre aux femmes un statut militaire analogue à celui des hommes. Valérie André est la première femme militaire à atteindre le grade d’officier général en 1976, comme médecin général. Ses témoignages enregistrés en 1989-1990, ainsi que ceux de nombreuses autres femmes sont conservés par le SHD dans les fonds entrés par voie extraordinaire. Les infirmières parachutistes secouristes de l’air (IPSA) ne sont pas du personnel militaire, mais relèvent de la Croix-Rouge. En revanche, les convoyeuses de l’air, qui succédèrent aux IPSA, sont un corps militarisé ; les dossiers de cette catégorie de personnel sont conservés au BARAA, en attendant leur versement au SHD.
 

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Dernière modification le 30/04/2019
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